L’ambassadeur des Etats-Unis de l’Amérique nous avait invités chez lui pour un concert de jazz. Comme nous sommes bien élevés au Bondy blog, nous l’avons convié à notre tour. Et il est venu, avec un invité surprise : Samuel L. Jackson (« Pulp Fiction », « Jacky Brown » and so on) ! L’acteur et sa femme ont interrompu leurs vacances en France pour passer nous faire un petit coucou.

Les Américains sont des gens très bien, ils n’ont pas touché au buffet préparé pour l’occasion, nul inquiétude, je m’en suis occupé. Devant une assistance composée de nombreux fans, l’ambassadeur a déclaré : « A La Courneuve, j’avais promis a des étudiants de revenir en banlieue avec une vedette de leur choix. Ils m’ont dit qui ils voulaient rencontrer, le voilà. »

L’acteur a discuté une heure durant avec des jeunes de banlieue. Ces derniers sont très à l’aise en présence de cette immense vedette. Notre Dèdess n’hésite pas à lui dire qu’il a adoré son album « Thriller ». L’interprète visiblement fait bien son travail, Samuel L. Jackson saisit la blague au bond et répond en souriant : « I’m bad. » Les producteurs de l’association Hors-Cadre, profitent de sa présence pour proposer à l’acteur de jouer dans leurs films. Il n’a pas dit non… Et quand on demande à Samuel L. Jackson quels sont ses films français préférés, ce dernier cite « Mesrine : l’ennemi public No1 » ou « Un Prophète ». Sa femme, plus vieille école, ne jure que par « Belle de jour ».

L’acteur semble connaître le problème – que dis-je, les problèmes – des banlieues françaises. Une partie de son discours est une mise en miroir de l’histoire des minorités aux Etats-Unis et de celles des français issus de l’immigration : « Lorsque j’étais enfant, il y avait la ségrégation. J’ai toujours pensé que j’étais un citoyen de seconde zone. Je ne pensais pas que je deviendrais un jour la personne que je suis aujourd’hui. Mais mes parents ont cru très fort en moi et m’ont donné une bonne éducation. »

« Vous êtes l’avenir », lance-t-il à son public. On lui demande des conseils pour réussir : « Saisissez votre chance, soyez fort dans votre tête, construisez-vous un réseau, frappez à n’importe quelle porte, dites que ce n’est pas normal que je ne vois pas à l’écran des gens qui me ressemblent. » Une journaliste demande à l’acteur s’il pense qu’un jour la banlieue donnera un président de la république à la France : « Bien sûr », répond-il. L’acteur ajoute qu’il ne croyait pas que de son vivant, il verrait un Afro-Américain à la Maison Blanche.

Anticipant les suspicions, Nordine Nabili, directeur de l’ESJ Bondy, demande à monsieur l’ambassadeur la raison pour laquelle les Etats-Unis s’intéressent tant aux banlieues françaises. Charles Rivkin répond : « Je suis l’ambassadeur des Etats-Unis en France, pas à Paris. J’adore la France dans toute sa diversité, ses villes, ses campagnes, ses banlieues. Le visage de la France n’est pas différent de celui des Etats-Unis. Ce sont des sociétés où il y a beaucoup de diversité. »

Pour Nordine Nabili, il en va aussi de l’intérêt des Etats-Unis : « L’Amérique veut comprendre cette banlieue française. D’une certaine façon elle croit à son potentiel. Je pense qu’elle fait le pari que demain des élites issues des banlieues émergeront, comme ce fut le cas pour les minorités aux Etats-Unis. Il est donc logique pour les Américains de vouloir entretenir dès aujourd’hui de bonnes relations avec nos quartiers. »

Idir Hocini

Légendes photos :
– en haut (photo Le Parisien) : Samuel L. Jackson entouré d’une partie du public ;
– en bas : l’acteur et son épouse entourent l’ambassadeur des Etats-Unis en France, Charles Rivkin.

Idir Hocini

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