Souleymane Diamanka est un poète émouvant. A travers ses paroles et ses proverbes, l’enfant Peul raconte son histoire, son vécu et la mémoire de ses ancêtres. Son album « l’hiver Peul » est sorti au mois d’avril sous le rythme du Jazz, de la soul et de la chanson française. Le franco-sénégalais aime les mots. Des mots qu’il pose avec une voix chaude et touchante. Interview.

Depuis combien de temps fais-tu de la poésie ?

Je fais de la poésie depuis la classe de CE2. J’ai eu la chance d’avoir croisé un instituteur poète qui nous faisait écrire nous mêmes nos textes. Il disait « la poésie, c’est mettre des nœuds dans les phrases et obliger le lecteur ou l’auditeur à défaire ces nœuds ». Le français n’est pas ma langue maternelle et à la maison on ne parle pas français, mais, plutôt la langue Peul, du coup je me suis vraiment donné à fond.

Comment as-tu découvert le slam ?

Je fais du Slam sans le savoir depuis que j’ai appris à lire et à écrire. La première fois que j’ai vu un spectacle de slam, c’était à Ménilmontant, c’est le collectif 129 H qui l’animait. J’ai vraiment été séduit par l’écoute du public, il n’y avait pas de barrière entre le public et la scène. C’est intergénérationnel, toutes les communautés, tous les âges, des hommes et des femmes réunis dans une même salle et ça m’a beaucoup plus.

Quelle est la différence entre le slam et le rap ?

La différence est d’abord musicale. Le rap est musical alors que le slam, c’est de la poésie, à capella. Le seul lien est qu’un rappeur comme un slammeur écrit son texte sur un bloc note.

Pourquoi «l’hiver Peul », nom de ton album ?

Il y a deux explications. L’hiver dans nos villages, les gens se réunissent dans une seule et même case et les anciens racontent des histoires, des proverbes pour initier les plus jeunes. Je veux aussi dire que je suis un enfant de nomades, ce peuple qui a un traversé le froid et la souffrance pour atterrir ici en France afin de mettre sa famille à l’abri de la famine. Le fait d’avoir grandi en occident loin du village et de la savane africaine, c’est pour moi un hiver Peul.

 

 

D’où te vient l’inspiration ?

 

J’ai gardé un côté naïf dans l’écriture parce que la phrase que disait mon instituteur m’est restée dans la tête. Je cherche plus une beauté qui vient de moi, la beauté de tous les jours, des quartiers, des gens que je croise. Mon exemple, c’est mon père, il n’a pas appris à lire ni à écrire mais ces paroles sont belles et ses proverbes sont instructifs. Donc je me suis dit pourquoi ne pas faire la même chose en français.

 

 

Que penses-tu de la comparaison avec Grand corps malade ?

 

Je pense qu’elle est obligatoire vu que Fabien allias Grand corps malade dit que je fais partie des gens qui l’ont beaucoup influencé. La première fois que je l’ai croisé, il était dans le public; mon art lui a plu et il ne se cache pas de dire que je fais partie des gens qui l’ont poussé à franchir le pas.

 

 

Fais-tu autre chose à part le slam ?

 

J’écris aussi pour des artistes comme les Nubbians, Lokua Kanza. J’ai travaillé sur un morceau chanté par Henri Salvador qui s’appelle « que le monde soit perle ». Je travaille sur le deuxième album de Kayna Samet, une chanteuse soul.

 

 

As-tu des tournées prévues ?

 

Je viens de finir une première tournée qui s’est très bien passée notamment à Avignon. C’est bien d’avoir les poèmes en bouche et les défendre sur scène. Pour la suite, je prépare une date, le 25 septembre à Paris à l’Européen et ça va être le début d’une autre tournée.

 

Par Essi Gnaglom

 

 

 

 


Papillon en Papier
envoyé par Souleymane_Diamanka

Essi Gnaglom

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