Dimanche un documentaire un peu spécial était projeté au cinéma L’Etoile de La Courneuve. Palestine, signé Nadir Dendoune, journaliste engagé qui s’assume proche de la cause palestinienne. Un engagement, qui, d’après lui,  lui est parfois reproché dans son métier. Le réalisateur est un aventurier. Après avoir servi comme bouclier humain en Irak, il a gravi l’Everest, sans expérience aucune. Sa dernière aventure : suivre une association nommée Observacteurs. Douze français de milieux différents sont allés sur place voir de leur propres yeux la réalité palestinienne. Nadir Dendoune les a suivis avec sa caméra.

Avant d’en arriver là, il a fallu passer la douane israélienne. Une douane sur le qui-vive lorsqu’il s’agit de contrôler des groupes composés de pro-palestiniens. Dès le début, Nadir nous prévient, « soutenir le peuple palestiniens ne veut pas dire avoir la haine du Juif ». Sa démarche se résumait à aller à la rencontre des Palestiniens et Israéliens, comprendre leur façon de voir les choses face à l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens. Certaines scènes tournées en camera cachée révèlent une réalité à la limite du grotesque. Comme ces moments où il faut franchir un check-point de l’armée israélienne. Les Palestiniens peuvent rester des heures à attendre au point de contrôle.

Ruth, française de confession juive a décide de faire partie de l’aventure. Elle défend le fait qu’ Israël se protège et défende « le droit du peuple juif à avoir une terre où nous ne sommes pas minoritaires ». Face à une scène assez cocasse, dans la Ville d’Hébron, l’armée accompagne un groupe d’Israéliens avec des armes dignes de Tony Montana dans Scarface, devant des gamins arabes. La scène provoque une réaction chez Gwen, qui explique : « Moi-même j’ai l’impression qu’il n’y a plus d’espoir pour les gamins d’ici alors qu’en leur parlant, en prenant une photo, ils ont le sourire et garde espoir. » Gwen rend tout de même hommage à Ruth pour son courage. Tous sont d’accord sur l’importance et l’urgence de voir se créer un Etat palestinien.

Madjid, le rigolo de la bande, ne peut s’empêcher d’être affligé devant les barbelés et les grillages qui coupent le paysage et divise physiquement les deux peuples. Il a rencontré une femme juive aidant les palestiniens dans le besoin. Celle-ci confie que cette solidarité lui a valu des problèmes, « tous les Juifs ne sont pas sionistes, nous voulons une coexistence pacifique. » Applaudissement dans la salle.

Les scènes de rencontres sont souvent suivies de débat enflammés entre les membres d’Observacteurs. Anissa et Ruth se lancent dans de longues argumentations, chacune défendant son point de vue. Ces scènes se répètent assez souvent dans le film. Parfois, le public réagit en applaudissant à de belles et grandes phrases défendant la liberté et la paix.  En sifflant aussi, pour montrer l’agacement face à des discours défendant la politique actuelle menée par le gouvernement israélien.

Une envie de se baigner dans la mer la plus salée au monde. Il faut payer pour faire trempette dans la Mer Morte. Un autre débat se présente aux Français qui ont fait le voyage. Celui de savoir s’il faut financer ou non l’armée juste pour les baignades. Après avoir vu de jeunes Arabes-Israéliens se faire refouler, le groupe renonce à y aller. Autre image forte, celle de cette femme palestinienne entourée de ses enfants. Elle proteste devant une maison, et dans un anglais parfait, elle répète « It’s my House ! » en montrant du doigt un Israélien qu’elle traite de voleur.

Je n’ai rien appris de nouveau dans ce documentaire. Signe que depuis 60 ans, la situation n’évolue pas. De même le fait d’aborder le sujet, encore très sensible. On ne peut que féliciter le courage de ces Observacteurs et du réalisateur pour être restés fidèles à la transmission d’un message de tolérance, malgré les débats et les prises de positions enflammées que cause le conflit israélo-palestinien.

Amine Benmouhoub

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