Qui ne s’est pas un jour plongé entre les lignes de notre Jean-Baptiste Poquelin ? D’un côté de la Manche on a la langue de Shakespeare, de l’autre celle de Molière. Jean Eyoum avec « Super cagnotte » chez les Editions Kirographaires, revisite « l’Avare » dans une version urbaine.

Avant toute chose comment doit-on vous définir, un dramaturge ou un écrivain ?

Sincèrement je dirai ni l’un, ni l’autre je suis encore étudiant ! Je me consacre à mes études, mon master de commerce. « Super Cagnotte » exprime ma passion pour la littérature. Il est difficile de se défaire d’une étiquette, mais vue que c’est une pièce de théâtre c’est dramaturge. À l’avenir je ne pense pas que je renouvellerai l’expérience, ça risquerait d’être redondant.

Quelles sont vos influences ?

Ma réponse est mitigée, à l’époque je lisais beaucoup Molière bien évidemment, Victor Hugo, Albert Camus. À l’heure actuelle j’essaye de me tourner vers des lectures différentes. Je pense que  mes choix peuvent vous paraître surprenants, par exemple l’auteur Marc Lévy. Je n’ai pas le profil de la ménagère de 40 ans, mais j’aime beaucoup ses livres ! Dans la plupart de ses romans on s’évade !

Vous vous êtes lancé dans l’écriture dès l’âge de 17 ans, quelle a été l’élément déclencheur pour ce projet ?

J’ai toujours voulu écrire, mais commencer un roman c’est difficile car il faut avoir la bonne idée. J’en ai commencé plusieurs mais au final j’ai abandonné, c’était une question de temps et d’inspiration !

Molière dénonce les travers de la nature humaine, peut-on dire que Super Cagnotte est la continuité de son œuvre ou tout simplement un autre regard ?

C’est une question difficile, je dirai la continuité non, car il n’y a pas de suite aux œuvres de Molière. Tous ces vices n’ont pas disparu, on rencontre encore des avares de nos jours !

Comment votre œuvre a-t-elle été accueillie par le public ?

J’ai eu plusieurs retours positifs auprès des jeunes. Je commence à me faire à l’idée, je me dis que j’ai fait le bon choix.

J’ai eu aussi des critiques négatives : « Pauvre France, on massacre Molière ».

C’est vrai qu’il est un monument de la langue française, mais mon livre n’a pas pour but de dénigrer son œuvre. La création de « Super Cagnotte » est à la base un challenge que je mettais fixé ! Je comprends les critiques à mon égard. Je dirai simplement regarder dans le dictionnaire tous les nouveaux mots de cette année. Notre façon de s’exprimer  a évolué ! Je leur dirai sans provocation qu’ils parlent aujourd’hui, comme autrefois!

Après « Super Cagnotte » qu’elle va être la suite ?

J’aime beaucoup le théâtre, mais je pense qu’il s’apprécie davantage sur des planches. La logique serait que je monte une pièce, je suis en train de construire ce projet. Je suis à la recherche d’un metteur en scène. J’aurais pu le confier aux premiers venus, mais je suis à la recherche de quelqu’un  qui aime réellement « Super Cagnotte » pour porter ses couleurs.

Avez-vous une citation ou un mantra qui vous accompagne ?

« On n’est pas condamné à l’échec » de Kery James, c’est la phrase qui m’a accompagné tous les matins quand j’ai passé mon bac.

Propos recueillis par Lansala Delcielo

Articles liés

  • Amandine Gay, ‘une histoire à soi’ pour raconter les non-dits de l’adoption

    Dans son dernier film ‘Une histoire à soi’, la réalisatrice Amandine Gay propose cinq récits intimes de personnes adoptées à l'international. Sur fond d'archives personnelles, les protagonistes livrent leurs questionnements tout au long de leur parcours de vie, au sujet de leur adoption. Des témoignages forts qui ouvrent une discussion plus large sur la famille, la parentalité, l'acculturation ou encore la quête identitaire. Entretien. 

    Par Louise Aurat
    Le 13/07/2021
  • « Gagarine », cité céleste sur grand écran

    Une cité devenue film. Le premier long métrage de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh sort ce mercredi 23 juin au cinéma. À quelques jours de sa sortie nationale, le film était projeté en avant-première au cinéma le Luxy, situé à quelques mètres de l'ancienne cité Gagarine (Ivry-sur-Seine), au centre de cette histoire étonnante et poétique. Reportage et témoignages.

    Par Louise Aurat
    Le 23/06/2021
  • Kery James à l’INA pour guider les jeunes vers le « show-business »

    Accéder aux métiers de l’audiovisuel, sans diplôme, ni réseau : c’est la promesse de la classe Alpha, une promotion de 100 jeunes guidés par l’INA (Institut National de l’Audiovisuel). Et pour les aider à garder la motivation, qui de mieux que Kery James pour animer une master class attendue par tous. Le dramaturge, réalisateur et artiste a pu échanger avec ses jeunes sur son expérience et son parcours.

    Par Nolwenn Bihan
    Le 02/06/2021