C’est l’événement de la semaine. Netflix a sorti lundi, de façon anticipée, le documentaire The Last Dance, qui retrace la saison 1997-1998 de la légendaire équipe des Chicago Bulls et de leur leader, Michael Jordan. Initialement prévue pour juin, la mini-collection de 10 épisodes nous plonge dans les coulisses d’une équipe emmenée par le plus grand basketteur de tous les temps, tout en nous offrant également une rétrospective vers les origines de MJ.

Ce lundi 20 avril, il ne fallait pas être devant La Casa de Papel, Elite ou Séduction Haute Tension (une sorte de l’Ile de la Tentation des années 2020). C’est bien devant The Last Dance que ça se passait. Dès la sortie de la bande-annonce sur les réseaux, l’excitation était à son comble aussi bien chez les fans de basket que chez les joueurs de la NBA eux-mêmes. Tous confinés aux quatre coins du monde, nous attendions que le jour de gloire arrive pour découvrir les deux premiers épisodes de ce qui s’annonçait comme un bijou.

Alors pourquoi toute cette excitation pour un simple documentaire, me direz-vous ? D’une, il est extrêmement rare qu’une caméra puisse approcher d’aussi près et aussi longtemps une équipe de NBA (qui plus est la meilleure à l’époque). De deux, la discrétion de Michael Jordan dans les médias rend l’œuvre d’autant plus intrigante et intéressante.

Si vous n’arrivez toujours pas à comprendre (et que vous aimez le foot), imaginez que Neymar, Messi et Cristiano Ronaldo soient réunis dans la même équipe – au PSG, par exemple – et qu’une caméra ait pu les filmer durant toute une saison. Parce que les Chicago Bulls des années 90, c’est ça. Un mélange d’Avengers et de X-Men qui s’étaient réunis sur un parquet de basket pour écraser outrageusement toute concurrence.

Le premier épisode est consacré à la genèse de Michael Jordan. Le principal intéressé nous parle de son enfance dans la bourgade de Willmington en Caroline du Nord, aux côtés de ses deux frères et deux sœurs jusqu’à son arrivée à Chicago. C’est d’ailleurs grâce (ou à cause ?) de son grand frère Larry que va naître en lui cet esprit de compétition et l’envie de se surpasser : alors qu’ils ne sont que gamins, tous les deux ne cessent de s’affronter dans des « un contre un » dont l’issue passe souvent par les larmes et les coups, raconte MJ avec le sourire.

Un accueil unanime

Un autre facteur déterminant dans la construction du champion sera l’éducation de ses parents. Très jeune, dit-il, ils lui apprennent à ne jamais baisser les bras et travailler dur afin de devenir le meilleur. Une phrase de son père résume en quelque sorte le fonctionnement de Michael : « Si vous voulez obtenir le meilleur de Michael alors dites-lui qu’il ne peut pas le faire. Et il fera tout son possible pour vous montrer que vous avez tort ».

L’épisode 2, lui, s’attarde sur son coéquipier Scottie Pippen dont Michael dira d’ailleurs qu’il est « le meilleur joueur avec lequel (il a) évolué ». Rien que ça.

Les images d’archives sont accompagnées de témoignages d’ancien coéquipiers et adversaires de Jordan tels que Magic Johnson, Larry Bird mais également des présidents Obama et Clinton – la grande classe.

Dès la sortie des deux premiers épisodes, les réactions sont unanimes et tout le monde est impatient de découvrir la suite. Pourtant, ce documentaire aurait pu ne jamais voir le jour, comme l’expliquait son réalisateur Jason Hehir au média américain ESPN. Non seulement il a fallu convaincre tous les joueurs de témoigner 20 ans après les faits, mais aussi convaincre le plus réticent d’entre tous : Michael Jordan. « Quand les gens verront ce documentaire je ne sais pas s’ils comprendront pourquoi je me suis comporté comme je l’ai fait », a-t-il dit au réalisateur. La légende craignait que son héritage soit terni par le trash-talking (le fait de provoquer ou insulter ses adversaires pendant un match, ndlr). La conséquence d’une envie permanente, dirons-nous…

A titre personnel, je n’ai pas eu la chance de voir les exploits de la légende de mon vivant (à mon grand désarroi je suis arrivé trop tard sur cette planète). Et pourtant petit, on me répétait sans cesse qu’il était l’un des plus grands sportifs de l’histoire en témoigne son palmarès et ses records long comme cette période de confinement.

A force de recherche, j’ai compris pourquoi son nom était synonyme d’excellence. A lui, tout seul il a amené le basket vers une autre dimension et influencé toute une génération. Sans Michael, nous n’aurions certainement pas vu de Tony Parker, LeBron James ou le regretté Kobe Bryant.

Il est celui qui a transcendé les frontières de son sport et c’est d’ailleurs ce que démontre à merveille le documentaire. Ici, on ne cherche pas qu’à s’attarder sur le côté sportif mais démontrer également l’impact social qu’ont eu les Bulls et Michael Jordan aux Etats-Unis et autour du monde, en devenant les héros d’une génération entière.

Alors, en cette période morose et emplie d’incertitudes, je vous conseille fortement ce documentaire dont les épisodes sortiront au rythme de deux par semaine jusqu’au 18 mai. Que vous soyez fan de sport ou non, approcher la légende d’aussi près aura un effet détonnant sur vous. Il vous poussera vous aussi à réaliser de nouveaux projets que vous avez laissé en suspens depuis trop longtemps (pour regarder La Casa de Papel, je vous vois d’ici).

Ce documentaire nous montre que Michael était à part. A l’instar d’un Roger Federer ou Usain Bolt, il est de ceux qui défient la norme, qui changent le cours de l’Histoire pour l’éternité. Ceux-là même qui repoussent toutes les limites humaines et qui nous font croire que, même bloqué au fond d’un puits, nous pourrions nous en sortir et voler comme Michael Jordan dans les airs.

Félix MUBENGA

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