Après Duck Sauce et sa version new-yorkaise du tube « Barbra Streisand » (réalisée par le Parisien So Me), voilà qu’un collectif de quatre jeunes également parisiens, les Batous, remixe le planétaire « Gotta Go Home » de Boney M en hommage à Paris, et involontairement au chanteur de ce groupe-phare disco, Bobby Farrell, récemment décédé. Paris qui les a vus grandir et devenir ce qu’ils sont aujourd’hui : des artistes au regard neuf et enthousiaste.

Pour cette french version intitulée « This is Paris », une quinzaine de nos VIP, dont Dj Kore, Make the Girl Dance, Pierre Lescure, Ramzy Bedia, Patson, Julien Courbey, André Manoukian, Old Kainry, Fred Musa ou China Moses, et une poignée d’anonymes, comme on dit, ont apporté leur touche au remake de ce mega-succès. Ce fut un travail de longue haleine que de contacter tout ce beau monde pour le convaincre de participer à un tel projet. Mais les Babtous (les Blancs – et ce mot n’a rien de raciste dans la démarche du groupe) sont arrivés à leur fin. Mac Tyer, l’artiste RAP du 93, a même écrit un petit couplet spécialement pour le clip. Leurs « homologues » américains qui ont vu le clip les ont félicités pour sa qualité via twitter.

Depuis, les chaînes de TV Nnrj12, Ofive TV, les radios Génération FM, Skyrock, et une trentaine de sites ont déjà relayé leur clip en ligne depuis fin décembre, parmi lesquels Canal+ ainsi et des boîtes de nuit comme Le VIP, le Gibus et le Palais M. Clip qui semble avoir été bien reçu par les Parisiens qui l’on vu. D’autres estiment en revanche que c’est une « arnaque », voire une « conspiration », car jugé « trop noir » ou « pas assez blanc », comme on peut le lire sur le site « 10 minutes à perdre ».

Certains commentaires haineux vont bon train et ça, Nabil, un des membres du collectif, ne s’y attendait pas vraiment ! « On est surpris par ces réactions car la vidéo est plutôt axée sur la diversité de la population parisienne. Inutile de relever ces propos. » Même en musique, il semble que tout un chacun ne soit pas encore prêt à reconnaître et encore moins à apprécier cette mixité alors que pour d’autres elle va de soi. Cette vidéo partie de New York risque bien de faire boule de neige…

Cette bande de potes âgés de 24, 25 ans, qui manie aussi bien l’humour que la dérision est aussi à l’origine du clip « Sexion d’homo – Désolé », vu plus de 4 millions de fois, ainsi que de « La France championne du monde ? », ne compte pas en rester là. « D’autres projets tenus secrets pour le moment sont à venir », avertit Nabil !

Les quatre de Babtous s’orientent vers les métiers du spectacle, de la télé ou du cinéma et ne rechignent pas à la tâche. Parions qu’ils réussiront à marquer leur territoire à Paris, dans le monde impitoyable du showbiz. Souhaitons-leur le meilleur pour 2011 et les années d’après !

Nadia Méhouri

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xg8eyj_les-babtous-this-is-paris_music[/dailymotion]

Articles liés

  • Les créateurs d’origine africaine : entre couture et culture

    Alors que la fashion week masculine bat son plein à Paris, l’accès aux maisons de haute couture est plus difficile pour certains créateurs. Les artistes issus des minorités ethniques choisissent pour beaucoup l’indépendance en créant leurs marques, et en affichant leur héritage culturel comme source d’inspiration. Une revendication de ce qui constitue leur identité. Loin des appropriations culturelles des grandes maisons. Témoignages.

    Par Kamelia Ouaissa
    Le 21/01/2022
  • Placés : de l’ombre à la lumière des Maisons d’enfance

    Sorti en salles le 12 janvier dernier, Placés est le premier film du réalisateur Nessim Chikhaoui qui raconte le quotidien haut en couleurs d'une bande de gamins placés à l'Aide Sociale à l'enfance. Un film drôle, touchant, qui raconte sans détours une réalité souvent douloureuse. Un coup de coeur pour notre contributeur Félix Mubenga. Critique.

    Par Félix Mubenga
    Le 20/01/2022
  • Avec « Nous », Alice Diop retisse la trame de notre société

    Comment des personnes aussi différentes les unes des autres font-elles société ? Comment passer de la somme des 'je' individuels à la formation du 'nous' collectif ? C'est avec cette intrigue sociale et politique que la réalisatrice Alice Diop a démarré son documentaire 'Nous'. Un film qui sortira en février 2022, disponible actuellement sur Arte, et qu'a vu Nassera Tamer. Critique.

    Par Nassera Tamer
    Le 22/12/2021