En direct du Banlieue is Beautiful. Artiste multidisciplinaire autodidacte, à 38 ans, Twice est un véritable « performeur vocal ». Influencé par la culture hip-hop, il jongle entre rap, slam, danse et humour.

La conférence « La ville de demain » au Palais de Tokyo s’est achevée par une performance inédite de l’artiste Twice. Entre l’humour et le slam, il manie l’art des mots et du spectacle. Grand, le visage allongé, il gigote dans tous les sens, provoque, s’agite, parle et joue avec son corps et sa voix.

Twice a grandi en Seine-Saint-Denis dans les quartiers où il a baigné dans la culture hip-hop. Après s’être nourri de ses multiples voyages entre l’Espagne et l’Afrique, il s’est formé sur le tas, animé par le plaisir de « transmettre et d’écouter. » Issu de parents ouvriers, il anime des ateliers culturels dans les écoles, les associations et les prisons : « j’anime des ateliers d’écriture, de percussions corporelles, je fais aussi de l’éveil musical pour les enfants. J’apprends aussi aux gens à parler en public. » Sa démarche artistique est simple : « si tu te réveilles le matin et que tu as envie d’écrire, c’est que tu es écrivain, c’est pareil pour tous les arts. »

Amateur de littérature, il s’est très tôt passionné pour les mots : « J’aime les livres, j’aime bien l’objet et les mots, le plaisir de raconter quelque chose. A 12 ans, je lisais des contes dans la cour de recré, à mes proches, à mes potes, je devenais même un peu relou ! »

Il met la voix au centre de sa démarche artistique. En réalité, le passage de la littérature à la vocalité s’est fait très naturellement : « La voix, c’est une empreinte unique, il n’y a pas une voix comme la tienne, il y a quelque chose à dompter, j’aime jouer avec. »

« Invisible » , il regrette que ses spectacles soient souvent relégués dans les établissements culturels « de seconde zone » : « à Chartres la semaine dernière, ils m’ont fait jouer dans une cité mais jamais ils me proposent de jouer au théâtre municipal. »

Pour lui, le festival Banlieue is Beautiful est une véritable aubaine, « c’est un projet incroyable qui permet à la culture urbaine de se fondre dans la culture institutionnelle. »

Myriam Boukhobza

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