Vous avez dû voir les affiches partout. « Twilight – Chapitre 1 : Fascination », « le Roméo et Juliette fantastique qui a bouleversé le monde entier ». Intriguée par tous les tomes de la saga en possession de ma chère cousine, je me suis penchée sur la chose, me disant que si le livre et le film avaient autant de succès, c’est qu’il y avait surement un bête de truc dedans. Et si ce n’était pas qu’une daube pour ados ? Bon, je vous avoue ne pas avoir lu les livres, mais dès que j’ai entendu « film », j’ai accouru.

Pour ceux qui l’ignorent, Twilight est une saga en quatre volumes, qui raconte l’amour impossible entre un vampire et une jeune fille. Ça a cartonné dans les librairies du monde entier, de même qu’au cinéma. Le film est sorti en France mercredi dernier. Autant dire que je n’étais pas la seule au rendez-vous de la première. La file d’attente faisait bien un kilomètre. 2h20 de film.

Mon impression : on a affaire à « teen movie » comme les autres, sauf qu’ici, la fille est humaine et pas grosse, et que le garçon est un vampire en plus d’être riche, populaire, mince… Le film se veut beau et mystérieux avec ses plans sur les deux jeunes allongés sur l’herbe, se regardant tendrement. Il y a aussi le coup du j’ai-de-la-farine-sur-le-visage-et-des-lentilles-noisette-alors-je-suis-un-vampire, mais c’est pas trop ça. Les fans de fantastique risquent d’être déçus.

J’essaie de comprendre : c’est une histoire entre un vampire et une jeune fille, c’est du déjà-vu, non? Alors pourquoi tant de succès? Je tombe sur une aficionada de la première heure! Elle s’appelle Laetitia, 17ans, de Neuilly-sur-Marne : « C’est une histoire d’amour mélangée au fantastique, donc ça m’a plu. Je suis, comment dire, attirée par les love stories, donc c’est normal ! Et puis, comme Bella, je suis une ado alors je me mets plus facilement à sa place. Ça donne envie d’en savoir plus sur comment l’histoire va évoluer. Et puis, en même pas trois chapitres, t’es déjà dans l’histoire. A croire que je suis un personnage du livre, moi aussi ! Je m’y crois trop, je suis encore sous l’effet du film. »

Et comparé au livre, le film, c’est comment?  « C’était bien, j’ai beaucoup aimé, mais je m’attendais pas à ça. Ce que je veux dire, c’est que c’est difficile d’adapter un livre à l’écran, donc je pense que le problème vient de là ! Il manque certaines choses. La relation entre Bella et Edward (les deux héros, ndlr) évolue trop rapidement, par exemple. Mais sinon, physiquement, je m’attendais à ce genre de visages, donc ça va, et puis bien sûr, j’irai voir les prochains volets. »

Yasmine, 20 ans, est d’un autre avis. « J’ai vu le film sans vraiment savoir de quoi il s’agissait. Je ne m’attendais pas un truc génial non plus, donc, je ne suis pas déçue. Mais je ne comprends pas l’engouement autour du film. C’est le genre de film pour attirer les gens. C’est un peu de la mauvaise pub. Tout le monde dit que c’est bien, alors, sans vraiment savoir pourquoi, on y va. La preuve (elle se désigne) ! Je dirais donc que je n’ai pas adoré mais que je n’ai pas détesté non plus, c’est un bon film même s’il ne sort pas vraiment de l’ordinaire. »

Quant à moi, j’ai aimé deux scènes : celle, assez stylée, où les vampires jouent au baseball et celle de la salle des miroirs, sûrement la plus intense du film. L’autre bon point, c’est l’absence de grosses caricatures de vampires accessoirisés, façon mallette du petit Dracula. D’ailleurs, les vampires n’ont même pas de crocs.

Ndembo Boueya

Ndembo Boueya

Articles liés

  • « Freda » : Ôde à la résistance haïtienne et féminine

    Présenté dans la catégorie Un Certain Regard et deuxième film haïtien à être présenté au festival de Cannes depuis 1993, Freda est un film important et immersif sur la jeunesse féminine haïtienne telle qu’elle est. Analyse et interview de la réalisatrice Gessica Généus.

    Par Farah El Amraoui
    Le 18/10/2021
  • « Reconnaître le 17 octobre 1961 c’est reconnaître les autres combats contre un système d’impunité »

    Le massacre des Algériens le 17 octobre 1961 n'est toujours pas reconnu comme un crime d'État. Malgré les déclarations d'Emmanuel Macron, la France ne se considère toujours pas responsable d'une des pages les plus sombres de l'histoire coloniale. Fabrice Riceputi, historien, revient sur cette nuit sanglante et rappelle les enjeux d'une reconnaissance encore loin d'être gagnée. Entretien.

    Par Amina Lahmar
    Le 17/10/2021
  • 007 : les femmes ne sont pas qu’un matricule

    Sorti cette semaine, Mourir peut attendre est le 25ème opus de la série James Bond. Le dernier avec Daniel Craig dans le rôle éponyme d'une série qui a alimenté la polémique sur les questions de représentation ethnique et de genre. Félix Mubenga a vu le film, et salue la place des héroïnes jouées par Lashana Lynch et Ana De Armas. Critique.

    Par Félix Mubenga
    Le 07/10/2021