Mercredi 30 mai 2014, le dispositif Talents en Court, initié par le Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC) et l’association Les Ami(e)s du Comedy Club, célébrait avec succès sa première année au Jamel Comedy Club. Compte-rendu.

Depuis un an, de jeunes auteurs se retrouvent une fois par mois sur la scène du Jamel Comedy Club. Le concept ? Permettre à de jeunes auteurs émergents de « pitcher » (présenter à l’oral en peu de temps, ndlr) leur projet devant un parterre de professionnel.

Au départ, ce projet du CNC porté par Morad Kertobi, responsable du département court-métrage, balbutie. Certains festivals ne souhaitent pas s’associer, les professionnels sont difficiles à mobiliser. Mais les partenaires, eux, répondent présents : ACSE, Région Ile de France, SACD, Mairie de Paris, France Télévisions… Et les projets des jeunes sont de plus en plus nombreux, piochés soit parmi les scénarios déposés au CNC à l’aide avant réalisation, soit parmi ceux envoyés par mail aux organisateurs.

Chaque mois, cinq jeunes sélectionnés ont l’honneur (et le trac !) de monter sur la scène du Jamel Comedy Club (Paris 10e) pour présenter leurs projets de scénarios et partir à la pêche au producteur, diffuseur ou scénariste. Parmi eux Zangro, réalisateur de Bordeaux lauréat de la Bourse des Talents de l’Urban Film Festival 2012, était venu pitcher Destino, un projet de court-métrage où un jeune filmant des mariages se retrouvent à filmer le mariage de son ex qu’il aime encore.

« Le lendemain de la présentation, une productrice m’a appelé et m’a demandé combien il me manquait et est entrée en coproduction. Puis France 3 a pré-acheté le film qui circule maintenant en festivals. J’ai eu affaire à des gens très généreux qui m’ont accompagné sur ce  projet, et c’est assez rare dans ce métier pour le souligner » témoigne Zangro qui prépare actuellement son premier long-métrage avec la société Loma Nasha Films.  

L’un des aspects positifs de Talents en Court est justement d’avoir suscité l’intérêt de France Télévisions qui a acheté quatre courts-métrages en 2013. « L’objectif c’est de repérer des jeunes talents prometteurs et de les suivre au long cours », a attesté Aurélie Chesne de France 3 sur la scène du Jamel Comedy Club. « Cette année, nous nous engageons à renforcer notre partenariat en accompagnant trois scénarios sur un an en pré-achat, et peut-être plus », a annoncé, ravi, Christophe Taudière de France 2.

S’appuyant sur un réseau de festivals de cinéma (Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient, Valence, Aubagne, Urban Film Festival…), Talents en Court permet également de mutualiser les moyens. « Cela met en lumière les festivals devant une centaine de professionnels et nous permet de travailler avec les jeunes auteurs qu’ils nous amènent donc de valoriser leur travail de terrain », explique Aurélie Cardin, déléguée générale du festival Cinébanlieue et coordinatrice artistique de Talents en Court.

Même constat du côté des producteurs qui ont un accès direct et humain avec les jeunes auteurs dont les scénarios sont souvent déboutés en comité de lecture. Et des jeunes auteurs, bien sûr, qui font un bon qualitatif dans l’écriture de leur projet grâce à un accompagnement personnalisé.

« Il y a des talents dans nos quartiers et il faut les soutenir » a rappelé Jamel Debbouze qui a d’abord œuvré dans la promotion de jeunes acteurs de stand-up avant de se tourner vers le cinéma. « Je soutiendrai personnellement certains de ces jeunes avec de l’argent sonnant et trébuchant, parce que les remerciements c’est bien, mais l’Argent, on en a tous besoin. »

Claire Diao

Crédit photo : Les Ami(e)s du Comedy Club – Julia Cordonnier
Plus d’infos : http://www.cnc.fr/web/fr/talents-en-court

 

Articles liés

  • « Freda » : Ôde à la résistance haïtienne et féminine

    Présenté dans la catégorie Un Certain Regard et deuxième film haïtien à être présenté au festival de Cannes depuis 1993, Freda est un film important et immersif sur la jeunesse féminine haïtienne telle qu’elle est. Analyse et interview de la réalisatrice Gessica Généus.

    Par Farah El Amraoui
    Le 18/10/2021
  • « Reconnaître le 17 octobre 1961 c’est reconnaître les autres combats contre un système d’impunité »

    Le massacre des Algériens le 17 octobre 1961 n'est toujours pas reconnu comme un crime d'État. Malgré les déclarations d'Emmanuel Macron, la France ne se considère toujours pas responsable d'une des pages les plus sombres de l'histoire coloniale. Fabrice Riceputi, historien, revient sur cette nuit sanglante et rappelle les enjeux d'une reconnaissance encore loin d'être gagnée. Entretien.

    Par Amina Lahmar
    Le 17/10/2021
  • 007 : les femmes ne sont pas qu’un matricule

    Sorti cette semaine, Mourir peut attendre est le 25ème opus de la série James Bond. Le dernier avec Daniel Craig dans le rôle éponyme d'une série qui a alimenté la polémique sur les questions de représentation ethnique et de genre. Félix Mubenga a vu le film, et salue la place des héroïnes jouées par Lashana Lynch et Ana De Armas. Critique.

    Par Félix Mubenga
    Le 07/10/2021