Fatima, l’adaptation des deux livres « Prière à la lune » et « Enfin, je peux marcher seule » écrit par Fatima Elayoubi est bien plus qu’un film, c’est un fait de société, une sorte de Germinal du XXIe siècle plein de sens et de beauté. Un film à rôle féminin : la mère Fatima jouée par Soria Zeroual qui n’a malheureusement pas eu le césar 2016 de la meilleure actrice, mais qui pour nous le méritait. C’est le rôle principal du film, un rôle d’une mère qui ressemble à beaucoup de mères comme celle de Sofiane, qui ont quitté leur pays natal pour offrir une plus belle vie à leurs enfants.
C’est un film qui nous touche et plus particulièrement Sofiane, car depuis petit il voit sa mère comme Fatima trimer entre les ménages, son éducation et celle de son frère et ses sœurs. Il voit sa mère comme Fatima, se battre pour exister, s’investir dans le parcours scolaire de ses enfants alors qu’elle est fatiguée et surmenée. Comme Fatima, elle prend des cours de français, pour rattraper l’instruction qu’elle n’a pas eue au Maroc, vu qu’elle n’a pas pu aller à l’école.
Et comme Fatima, elle s’appelle Fatima. Oui, Fatima Moumni. La mère de Sofiane a un secret, elle doit faire face au chômage, élever 4 enfants, dont l’aîné qui est handicapé. Pourtant elle garde le sourire, dégage de l’amour et de la force pour tous ses proches. Elle sait faire les meilleures pizzas maison, on a pour idée de créer une pizzéria, car il faut que ces pizzas soient connues par d’autres que les Moumni et le petit Ben Aych.
Ensuite, pour le second rôle de Nesrine joué par la délicieuse Zita Hanrot, on peut dire qu’elle représente la fille qui veut s’en sortir et rendre fière sa mère. Elle a de bonnes notes à l’école et suit un parcours scolaire brillant. Sofiane s’identifie parfaitement à ce personnage, car il a toujours sa mère sur son dos pour voir s’il a fait ses devoirs et s’il travaille bien. Ce genre de choses que font les mères pour que leurs enfants soient les meilleurs. Il a 15 de moyenne, et il va passer en 1re scientifique et prévoit de faire de longues études comme Nesrine.
Puis le troisième rôle joué par Kenza Noah Aïche est celui de Souad, 15 ans, qui est frustré de sa vie, révoltée, mais surtout qui ne comprend pas pourquoi sa mère doit faire le ménage à la place des autres. Elle a de mauvaises notes et est en plein échec scolaire. Ce film, rassemble trois rôles qui renvoient à 3 personnages très fréquents dans la société, la façon dont est abordé le thème est puissant. Ce n’est pas qu’un film sur une femme de ménage, mais aussi sur les mères, une leçon de vie pour certains et de la reconnaissance pour d’autres.
Souhaitons que ce film aidera à changer les conditions de vie de toutes les Fatima anonymes, qu’elle s’appelle ou pas Fatima, car un césar de reconnaissance ne remplira pas leurs frigos.
Jean Ben Aych et Sofiane Moumni

Articles liés

  • Sim Marek : Le street art comme échappatoire

    Des murs de Tunis à ceux de Paris, Sim Marek est désormais un street artiste reconnu dans le milieu. Graffeur, plasticien et tatoueur, il est aussi membre de L’atelier des artistes en exil. Entre les pschitts et l’odeur enivrante de la peinture, Sim revient sur son parcours. Portrait.

    Par Vera Fesquet
    Le 24/01/2023
  • Tirailleurs : projection exceptionnelle à Bondy, pour ne pas oublier

    Mercredi soir, le ciné Malraux de Bondy projetait le film Tirailleurs en présence de quatre anciens tirailleurs bondynois. Le réalisateur Mathieu Vadepied, l’acteur Bamar Kane, Aïssata Seck et Christiane Taubira étaient au rendez-vous. Un événement pour ne pas oublier ces soldats morts pour la France.

    Par Névil Gagnepain, Félix Mubenga
    Le 20/01/2023
  • Jok’Air de retour au collège pour offrir sa BD

    Le rappeur parisien était de retour sur les bancs de l’école dans le 13e arrondissement de Paris. Accompagné de l’association « La mélodie des quartiers », il a offert des exemplaires de sa nouvelle BD autobiographique aux élèves du collège Thomas Mann. Reportage.

    Par Félix Mubenga
    Le 20/01/2023