Lundi 6 février, Saint-Denis, lycée Suger. Projection en avant-première du film Une Bouteille à la Mer, de Thierry Binisti, devant des élèves de BTS audiovisuel. Une convention signée entre le lycée et le Groupe Radio France permet aux lycéens de rencontrer des professionnels des médias. Pour Isabelle Delaude, coordinatrice entre Radio France et le lycée Suger, « le but de ce partenariat c’est de permettre aux jeunes étudiant de travailler et de rencontrer des professionnels de médias ».

Place au film. Tal, jeune française, dont les parents ont décidé de s’installer  en Israël, se pose des questions sur le conflit israélo- palestinien. Elle veut comprendre, elle lance donc une bouteille à la mer. Cette bouteille s’échoue sur l’ « une des belles plages de Gaza ». « Il y a une chance sur 1 million pour que cette bouteille » soit récupérée par Naïm, jeune Gazaoui. Arrive ce qui devait arriver. La naissance d’échanges épistolaires, par mail, entre « Miss Peace » et « Gazaman ».

Ils vont se raconter leurs vies d’adolescent, leurs craintes, leurs peines, leurs joies  vécues dans ce territoire du monde, où rien n’est facile : pour elle, qui essaie de vivre  normalement avec la peur d’un attentat dans un bus, les fouilles dans les cafés. Lui, en quête de liberté, pour fuir les bombardements, va se mettre à apprendre le français pour s’exiler en France.

Le film, adaptation du roman Une Bouteille à la mer de Gaza, de Valérie Zenatti, tente de rapprocher les deux peuples. Des deux cotés, il y a de la souffrance, ce qui va rapprocher les deux adolescents. Le conflit israélo-palestinien est vu au travers d’une jeunesse qui veut avancer, et voir les choses changer. Elle se démarque des politiques.

Fin du film et réactions des jeunes : « c’est une histoire originale », pour Laura, étudiant en BTS audiovisuel. « Le regard du réalisateur est neutre. Il n’y a pas de parti pris ».  Elle confesse ne pas suivre l’actualité du conflit au Proche-Orient. «  Il y a trop d’infos sur la question. A la longue on ne s’y intéresse plus ». Sentiment partagé par Clémentine, également étudiante dans la même promotion. « Mais le film me donne envie de m’y intéresser maintenant. »

Au-delà de sa vocation artistique et cinématographique, Une Bouteille à la Mer aura aussi permis à ces Français de moins de 20 ans de s’intéresser à un conflit sans issue et banalisé par les médias de masse.

Latifa Zahi

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