Samedi 24 juin se tiendra à BONDY, la 18ème édition du festival Y’a d’la banlieue dans l’air. C’est un festival musical associatif, gratuit et qui a lieu chaque année en plein air.

Cette année sont à l’affiche Tarace Boulba (fanfare funk), Azucar Negra (salsa), Nessbeal (rap’n’soul), Omar Pene (mbalach), Ouled Jouini (musique tunisienne) et Fadela (raï). Ces cinq artistes vont se relayer de 15h30 à 21h30.
J’ai rencontré Abdislam qui est l’un des bénévoles de l’association et aussi membre fondateur afin de discuter de cet évènement.

Peux-tu me présenter l’association et son fonctionnement ?

C’est une association qui fonctionne à l’année, le festival n’est que la partie visible, la façade de notre association qui, toute l’année, propose des ateliers de chants et de danses dans la ville, deux tremplins musicaux etc. C’est aussi un lieu de rencontre avec les jeunes. Le festival est un travail avec des professionnels, pour mettre en avant des amateurs qui du fait de leur talent sont sur un même pied d’égalité que d’autres artistes. Ceci on ne peut le faire qu’avec une volonté de militants.

De combien de personnes se compose-t-elle ?

Il n’y a malheureusement qu’un seul permanent sur la structure, tous les autres ne sont que des bénévoles. A cause du budget et des subventions le seul poste stable est régulièrement menacé. D’ailleurs, je tiens à préciser que ce festival est né dans une autre association SOS ça bouge, assoc incontournable de la ville qui a, faute de moyens, mis la clef sous la porte en 2005. Elle était le père du festival, Y’a d’la banlieue dans l’air est le fils.

Elle faisait un travail de prévention dans les quartiers, les clubs ados, centres de loisirs. Des activités étaient mises en place pour capter les enfants dans un projet, les canaliser dans un cadre avec une équipe. Le gouvernement RAFFARIN II a décrété que ce type d’initiative n’était plus une priorité.

Certaines activités de l’ex association ont été selon notre volonté reprises par la municipalité.

Comment se fait le choix de la programmation et la sélection des artistes ?
 

La sélection se fait grâce au contact avec le public ; on ressent et recense leurs attentes et leurs goûts et notre volonté est de faire connaître de nouveaux talents, de faire se rencontrer des artistes moins connus et d’autres déjà confirmés.  Nous avons le mérite  d’avoir vu monter sur la scène au cours de toutes ses années,  Cheikha Rimitti, Zebda, NTM, Iam, Kerry James, Cheb Mami…

Le brassage de la population de la ville de BONDY, se retrouve dans l’association, elle aussi colorée et notre volonté est de répondre à cette diversité.

Quels rapports entretenez-vous d’ailleurs ?
 

Le festival a pour ambition de faire différemment mais nous ne sommes pas en concurrence, on parle plus de complémentarité culturelle. La ville nous aide mais pas suffisamment apparemment pas comme elle me souhaiterait. On connaît les limites du système ! De toute manière c’est partout pareil, la culture c’est l’enfant pauvre du budget, ça n’est pas une priorité. Les actions associatives n’ont jamais trouvé meilleures échos que sous Jack LANG ; à l’époque à BONDY, c’était Mr FUZIER le maire, il s’inscrivait dans la mouvance mitterrandienne ; la culture était un moyen d’intégration et ils souhaitaient mettre en avant les cultures. Aujourd’hui les choses sont différentes : c’est l’heure de la répression. La trésorerie se fait à flux tendu, tu ne sais jamais si tu vas être financé ou pas. La culture n’intéresse plus beaucoup les pouvoirs en place.

Est-ce que vous chercher à vous démarquer comme initiative associative, n’avez-vous pas peur d’être confondu avec une manifestation municipale ?
 

Si tel est le cas c’est en quelque sorte un compliment pour nous, oui et non. On est flatté que cet évènement se soit inscrit dans le temps. Dans la tête des gens, la longévité c’est forcément le fait de la mairie alors que derrière il y a les bras des militants. On aime faire la fête avec les gens. Ça ne nous fait pas peur d’être confondus, on a une volonté naïve, il y a la fête de la musique, la fête de la ville et on s’inscrit dedans. On ne fait pas de politique. Si la ville de Bondy en profite tant mieux, il faut que tout le monde y trouve son compte. Nous, ce qui nous importe, c’est que l’on travaille librement, que l’on fait notre programmation et nos choix.

Avez-vous conquit au fil des années une certaine notoriété ?
 

Oui ! On a une reconnaissance au niveau local et départemental, pour dire d’un point de vu sécurité on déclare l’évènement en préfecture. Ce concert rassemble plus de 5000 personnes. Il y a une volonté des organisateurs d’être relayés dans les médias pour acquérir une notoriété et attirer un plus large public.

Ne craignez-vous pas des débordements ?
 

La sécurité est aujourd’hui un élément important, il y a des exigences de sécurité. On travaille avec une boite qui elle aussi est originale puisqu’elle est née dans les quartiers (Respect  Sécurité à Bobigny). Le contact avec les spectateurs est simple et ils arrivent ainsi à maintenir les choses. Le service de sécu est en adéquation avec le public. On souhaite l’ordre et pas la répression.

Il y a un côté alternatif et de proximité de ce festival qui fait de ce concert un évènement incontournable de la ville. Le public se mêle, tous âges confondus, d’horizons culturels différents. Il paraît que la musique adoucit les mœurs.

Par Soraya Messaoudi

Soraya Messaoudi

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