Lauryn Hill, Spike Lee, Nina Simone et Jimi Hendrix, tous réunis à Paris… sur les toiles de Yann Couedor. Direction le 10e arrondissement, galerie Absoluty. Sur fond de musique soul, une jeune femme prend les toiles en photo et félicite le peintre pour son travail. Des portraits d’artistes, créés à base de peinture et de collages de vinyles, de pochettes de disques ou de coupures de presse. « Que des document originaux, précise l’artiste. » Son inspiration ? « La musique. C’est elle qui me pousse à faire ça. »

Yann Couedor carbure à la passion. Celle de l’art plastique, d’abord. « Je dessine depuis que je suis petit. Ensuite, je suis parti à Paris pour le bac d’art appliqué, puis en Afrique du Sud pour une fac d’histoire de l’art. » Autre bouffée d’oxygène : la musique. « Je suis un passionné, un collectionneur de disques. Ses influences, il les puise dans les gens issus du hip-hop, « parce qu’ils ont des tronches et des styles qui permettent de s’exprimer graphiquement. Mais mon truc, c’est plutôt la soul. »

Parmi ses toiles, quelques figures politiques, comme Nelson Mandela ou Malcom X. « J’ai fait Mandela parce que j’étais en Afrique du Sud quand il est revenu au pouvoir, et pas pour représenter une icône politique. Martin Luther King, c’était une commande, précise-t-il. Aucune démarche politique dans mon travail. Le fait qu’Obama représente un symbole ne me suffit pas pour en faire une toile. Je ne peins pas les gens parce qu’ils sont noirs, mais parce que j’aime ce qu’ils font ! Mon univers, c’est la musique afro-américaine. Ça ne va pas chercher plus loin. »

Quelques minutes après le début de l’interview, arrive Guillaume Landry. Photographe pour la presse, il expose également aux côtés de Yann Couedor, tout comme Sheitan-M. « Ce qui m’a plu dans son travail, c’est qu’il peint ce qu’il écoute, comme moi je photographie ce que j’écoute, confie Guillaume Landry. On a eu les mêmes trucs dans les oreilles, on a vu les mêmes films, à 10 ans, je regardais l’émission « H.I.P-H.O.P »… On est la génération hip-hop. »

Alors forcément, quand les deux travaillent ensemble, « ça coule de source », explique Yann Couedor. « Une fois la toile terminée, poursuit-il, j’aime bien la prendre en photo, la sublimer dans un endroit qui colle au sujet. Ça crée une seconde œuvre. Il y a des gens que ça pourrait choquer, de placer un beau cadre en feuilles d’or devant un mur en ruine. Pour nous, c’est une évidence. »

Sortir des chemins de traverses, ouvrir de nouvelles voies. Juillet dernier, Yann Couedor a exposé à l’Olympia. Un peintre dans la mythique salle de concert : une première ! Derrière ce projet, « beaucoup de gens », souligne-t-il. Mais aussi une structure, Bothsides Creative, qui s’est montée autour du travail de Yann Couedor, « avec le but de signer d’autres artistes ».

Un regard neuf dans un monde de l’art très conservateur. « Notre démarche est d’investir des endroits atypiques. Rendre l’art plus populaire. Ça ne m’intéresse pas d’être enfermé dans des galeries où personne n’entre. Comment faire venir des gamins de 15 ans?, s’interroge-t-il (Yann Couedor, ci-contre). L’année dernière, on a exposé dans des cinémas, à l’Olympia, dans les studios du Palais des Congrès. Des lieux en lien avec ce qu’on fait, qui permettent de brasser plein de gens, de différents milieux. Enorme ! »

La suite est foot : « J’ai fait une toile pour la Fifa à l’occasion de la Coupe du monde, donc je vais aller à Captown, en Afrique du Sud. J’ai aussi des projets au Mozambique et aux Etats-Unis. » Et puis de nouveau L’Olympia, en mars. Immanquable !

Aurélia Blanc

www.yanncouedor.com
www.guillaumelandry.com
www.bothsides-agency.com

Aurélia Blanc

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