C’est parti pour la ville de Fuzhou (prononcez Foudjo) ! Pourquoi cette destination ? Tout simplement parce que je souhaite me rendre à Hong Kong qui se trouve à 1200 km à vol d’oiseau, mais je n’ai pas envie de prendre un oiseau… heu, un avion. Du coup, je vais le faire en quelques étapes en commençant par Fuzhou qui se trouve à mi-chemin.

C’est en expliquant cela à Michael, le Sud-Africain qui va normalement devenir célèbre, qu’une idée lui est venue. « Oh ! Je connais une amie là-bas ! Je vais venir avec toi ! » Si tu veux Michael ! Et quelques jours plus tard, il est arrivé avec les billets de train pour Fuzhou ! En Chine, les trajets en train peuvent être très longs ! Jusqu’à 24 heures ! Mais pour ma destination, ça va, 18 heures seulement. C’est à 600 km, mais il y en a pour plus de 1 000 km de rails. Le convoi dessert d’autres gares avant la destination finale et surtout ce n’est vraiment pas une flèche.

Quatre catégories sont disponibles dans le train. Les « sièges durs », pour les plus modestes, qui sont en fait des fauteuils corrects comme dans nos TGV ; les « sièges mous » : l’équivalent des premières classes ; les « couchettes dures », qui ne sont pas des lits en bois mais des petits matelas corrects, disposés sur trois niveaux ; enfin les « couchettes molles », des cabines de quatre grands lits confortable superposés deux par deux.

Il n’y avait plus de couchettes molles, alors Michael à acheté des « couchettes dures ». On a expliqué à un Chinois qu’on était contents d’avoir réussi à obtenir les lits les plus hauts afin d’être tranquilles, mais celui-ci nous a dit que non. Que le troisième étage, ce n’est pas bien parce que le chiffre 3 est un mauvais chiffre ! Michael a également réservé un hôtel sur place. Génial ! Il s’est occupé de tout !

Nous disons au revoir à nos amis de Shanghai, puis nous prenons le métro. Arrivés à la gare routière, je suis Michael qui maîtrise le chinois. Une fois dans le train, à ma grande surprise, nos « couchettes dures » ne sont pas à l’intérieur de cabines. C’est un wagon-dortoir ! Les lits sont sur trois niveaux et tout le monde entend tout le monde. Assez délire ! Les lits sont plutôt étroits mais ça ira pour une nuit de sommeil. Au pied des lits, un couloir d’à peine un mètre permet le passage. Des petites tables et des strapontins ne facilitent pas les allers et venues.

Départ à 17h30, arrivée prévue le lendemain à 11h30. Le train démarre. Tous les voyageurs parlent, c’est bruyant, le personnel passe pour proposer à manger, des livres à lire… Un homme se place en bout de wagon pour vanter en criant la bonne qualité des chaussettes qu’il vend ! Michael lui explique qu’il chausse des sandales, le type essaye tout pour lui refiler un lot de trois chaussettes.

La nuit tombe, la petite fille qui dort avec son papa en dessous de moi s’est endormie comme bon nombre des voyageurs. La bimbo qui disait au revoir à son homme sur le quai commence à flirter avec un autre type (malheureusement pas moi). Moi, je vais me chercher de l’eau chaude pour mes nouilles instantanées. Tout à coup, la lumière s’éteint. C’est un vrai dortoir ! Pas de lumière individuelle, si tu veux pas dormir, tu te débrouilles. Juste les veilleuses dans le couloir assurent le minimum.

Le train roule, s’arrête, des voyageurs montent, descendent… Je m’endors, demain, je serai à Fuzhou…

Chou Si

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