Pour échapper à la chaleur de Delhi, tous les Indiens sont unanimes : Il faut que je me rende au Cachemire. Pourquoi cette région, qui rime dans nos esprits avec terrorisme, est-elle si prisée des Indiens ?

Pour tenter de lever un coin du mystère, je me suis rendu à Srinagar, la capitale de la région, dans les montagnes environnantes. Srinagar respire  la sérénité, malgré la réputation qu’elle a dans les médias, à cause du conflit au Cachemire. Sa fraicheur estivale, les somptueux jardins qui la bordent et le lac qui lui fait cœur, donnent à la ville une gueule de paradis.

On est loin de s’imaginer que ce paisible décor est depuis 1947, date de la partition de l’Inde, le théâtre d’un conflit armé entre l’Inde et le Pakistan voisin. Tous deux revendiquent cette parcelle de territoire. Les attentats ont longtemps été chose courante, même si depuis 2008, leur fréquence a très largement diminué.

Ironie de l’histoire, pendant que les deux pays qui ont vu le jour à la mort des Indes britanniques s’affrontent à couteaux tirés, les Cachemiris veulent relever d’une seul autorité : la leur. Pour eux, lls ne sont pas Indiens, ni même Pakistanais, même si 90% de la population est musulmane. Ils se sentent Cachemiris, c’est en tous cas ce que disent tous mes interlocuteurs.

Dans les hautes montagnes de la vallée du Cachemire, les propos sont les mêmes. Pour la plupart des résidents de ces pentes, le cachemiri est la seule langue qui a droit de cité. Beaucoup ne parlent pas un mot d’hindi.

Quelques jours au Cachemire vous laissent dans l’incompréhension. Celle d’un conflit dont la fin n’est pas programmée pour sitôt. Un conflit sans gagnant mais avec un unique perdant : la population locale.

Hugo Nazarenko-Sas, Srinagar (Jammu-et-Cachemire), Inde

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