La bibliothèque Denis Diderot de Bondy a connu deux événements majeurs dans son existence : son inauguration par François Mitterrand et l’expo photos de Chou, visible jusqu’au 19 mars. Souvenez-vous, en 2008 à quelques mois des JO de Pékin, notre blogueur bouffeur de chiens a débarqué en Chine comme une fleur, avec sa caméra, son service trois pièces et son couteau. Il nous a offert de supers reportages vidéo, et des articles de voyage d’un très grand niveau. Une aventure humaine financée sur ses fonds propres. Rien que pour voir ce que ça donne un Chinois qui dépense ses sous dans autre chose que l’import-export, ça vaut le déplacement.

J’ai monté avec mes doigts de fée kabyle au gros cul les quelque 88 photos grand angle de l’expo, contre un menu filet au Mc Do. Je peux donc vous dire qu’un quart des photos, c’est du caca. Soit il a photographié complètement bourré, soit la Chine est un pays flou avec les doigts de chou qui trainent dans le cadre. Le reste m’a honnêtement bluffé.

On savait que Chou filmait bien, on sait désormais qu’il a aussi l’œil du photographe. Les rizières, les montagnes du Sichuan, les paysans de l’arrière-pays qui n’ont su que l’année dernière que Mao est mort… On accompagne Chou dans son merveilleux périple. Il a aussi le coup d’œil pour montrer les villes géantes que je trouve un peu flippantes et déshumanisées. Jamais je n’aurais échangé la place de futur leader mondial de l’économie contre le dauphin du Yang Tsé, disparu noyé sous la pollution.

En Chine tout se bouffe nous montre l’expo, même les crocodiles sur les étales que Chou a visités. Des clichés pour les clichés, que ce soit les cinq piques de Rozan ou les techniques agricoles de ces paysans qui effectuent des gestes de mille ans, Dieu merci, la Chine de mes cinq ans existent toujours.

Dépêchez-vous de vous rendre à l’expo organisée avec le soutien du maire Gilbert Roger, elle ferme ses portes le 19 mars. Mais si vous insistez, je vous vole un cadre ou deux sous le gilet. Parmi les nombreuses photos cocasses, celle de Chou à bord d’un mototaxi : le chauffeur conduit sa mobylette, un œil sur la route, l’autre occupé à écrire un texto sur son portable. Chou et Indiana Jones dans les wagons des mines du temple perdu : même combat.

Idir Hocini

Idir Hocini

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