Lundi après-midi, Ihab et ses compères viraient du côté de la White House elle-même pour shooter. Le ciel était bleu, ensoleillé. La Maison Blanche se dessinait parfaitement au loin. « C’est vraiment blanc ! C’est le blanc du tipex ! », se permet de remarquer Flex. Le lendemain, les rappeurs courneuviens fouleront de leurs godasses le sol de cette maison couleur tipex.

« Ha ha ! De La Courneuve à la Maison Blanche ! » chante Houssam sur le trottoir blanc immaculé. C’est le rêve américain qu’ils tiennent aux creux de leurs mains. C’est la concrétisation de ce projet « dingue » auquel avait pensé l’artiste américain Monte Laster quand Obama avait été élu. Quand des gamins lui avaient demandé de les emmener dans son pays pour voir Chief Barack. Et là, nous y sommes. Monte Laster peut bomber le torse et les rappeurs peuvent faire péter leurs flashs.

Mardi matin, rendez-vous à 9 heures. Jusqu’à la dernière minute, il n’y a pas eu plus d’infos que ça sur cette visite. Verra-t-on Barack ? Dayas : « Si je le vois, je sais pas quoi dire. » Dernières paroles avant de poser le pied dans le saint des saints du « world ». On entre donc. A vue d’œil, les flics alentours sont un plus nombreux que la population du village kényan du papy d’Obama. Des photos du couple Obama à côté de celles d’Eisenhower. Une de Michelle jouant au cerceau dans le jardin avec une autre de Jackie Kennedy en tailleur rose et la tête inclinée. C’est une policière qui nous fait faire la visite. On a droit à une boutade sur le plus « fat » (gros) des présidents.

A un moment de la visite, un hélicoptère se pose devant nos yeux, nous derrière une fenêtre, lui dans le jardin avec les pales qui tournent toujours plus vite. « Ça, ça veut dire que le président compte prendre l’hélicoptère et partir. » Dommage, les cordons de sécurité empêchent Kaiz et sa bande d’ouvrir la fenêtre et de crier à ce pressé d’Obama : « Hey mister Obama, yes we did ! On l’a fait ! Alors viens nous écouter un temps ! On a à te causer sur La Courneuve. » Mais non, ça ne s’est pas passé comme ça.  « Le rencontrer ça aurait été bien mais ça aurait été trop. C’est déjà assez féérique comme ça. »

Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah

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