Pour mon premier voyage, ma petite amie et moi sommes allés visiter Wudang Shan [au centre du pays], réputée pour ses monts appelés « les monts Wudang ». Cette chaine de montagnes représente, aux yeux des chinois et des touristes avertis, une dimension sainte. Pendant les périodes de vacances, plusieurs dizaines de milliers de personnes partent chaque jour à l’ascension du sommet.

L’ascension est un véritable défi pour beaucoup car le parcours est composé d’un nombre incalculable de marches. Après deux heures et demie, nous parvenons enfin au sommet ! Malgré ce bel effort, le paysage en vaut la peine. Et le chemin de randonnée est loin d’être désert. Les « pèlerins » de tout âge se croisent. Aussi bien des jeunes enfants que de nouveaux nés ou encore des personnes âgées! Je souhaite avoir la même vigueur à leur âge. Nous qui nous nous sommes plaints de fatigue, de courbature musculaire tout au long du périple…

La vue y est indescriptible et les quatre heures et demie de randonnée pendant lesquelles nous avons gravi et redescendu une partie du flanc de la montagne n’auront pas été une perte de temps. Ce qui se présente à nous est unique. Devant mes yeux, s’étend une vue imprenable sur les temples, la forêt, les lacs, le ciel et ses nuages. J’aperçois aussi les autres marcheurs à l’assaut de la montagne et de là où nous nous trouvons, ils ressemblent à une colonie de fourmis.

Pour le deuxième voyage, direction Yangzhou, ville située sur le Yang Tse Kiang, pour assister à un mariage traditionnel chinois. Et pour la petite histoire, les mariés se sont rencontrés pour la première fois dans l’avion qui les emmenait en France et puis, le destin a fait qu’il se sont retrouvés dans la même ville et enfin dans le même immeuble…

Aujourd’hui, ils sont en Chine. Habitués aux danses folkloriques et à la musique du Moyen Orient, ce mariage est des plus inédits pour des novices comme nous. La cérémonie  commence vers 18 heures pour se terminer trois heures plus tard. Les mariés sont  soumis à rude épreuve : ils doivent passer à toutes les tables des invités pour trinquer et les remercier d’être venus. Et quand il y a en a près de cinq cents, les têtes tournent au même rythme que les verres !

La mariée  change trois fois de robe, ce qui signifie refaire trois fois sa coiffure et son maquillage. Et je peux vous assurer que dans un mariage chinois, la mariée est une véritable princesse qui se livre en spectacle aux invités. En fait, toute la cérémonie est un spectacle. Sous les yeux des invités, défilent danseuses, magiciens et nous avons même droit à un one-man show. Mais le spectacle ne serait à son comble si l’on ne faisait pas référence à la partie culinaire. Je ne peux malheureusement pas vous énumérer tous les plats que j’ai dégustés, ils étaient bien trop nombreux et faits à base de mets que je n’avais jamais goutés auparavant.

Je peux, par contre, vous assurer que j’ai mangé de la tortue. Les cuisiniers ont pris le soin de laisser la carapace, ce qui ma permis aussitôt d’identifier l’animal. Ce qui est étonnant et très frustrant pour moi (gourmand que je suis) est l’absence de dessert. Oubliez les pièces montées et autres pâtisseries, vous aurez au mieux une assiette de fruits pour faire passer la tortue.

Ferhat Dikmetas

Articles liés

  • Le « dégoutage » : bien plus qu’un spleen à l’algérienne

    En Algérie, le phénomène du “dégoutage” persiste depuis des décennies. Le terme existait bien avant le hirak, (révolution pacifique citoyenne algérienne). Parmi la population, les jeunes, mais aussi les personnes âgées vivent ce sentiment qui n’a pas de définition dans le dictionnaire français.

    Par Amina Lahmar
    Le 14/09/2022
  • « Au Canada, deux mondes se croisent et doivent cohabiter » : réflexions sur la Justice restaurative

    Au Canada, les porte-paroles des premières nations se battent contre la surreprésentation des populations autochtones dans les prisons. Face à un système juridique, parfois opposé aux valeurs de ces peuples, les militants se battent pour tenter d'endiguer le phénomène. Adéline Basile, étudiante en droit à l’université d’Ottawa et vice-cheffe de la Première nation Ekuanitshit en fait partie. Interview.

    Par Meline Escrihuela
    Le 20/07/2022
  • A Montréal, errance et identité autochtones

    A Montréal, il n’y a pas de quartier autochtone comme on aurait un Little Italy ou un Chinatown. Mais ceux que l’on appelle « les itinérants » c’est-à-dire les sans-abris dont bon nombre sont autochtones ont un parc où ils se retrouvent : le square Cabot. C'est dans ce lieu emblématique que différentes institutions tentent de répondre à leurs besoins en multipliant les initiatives culturelles et solidaires tout en faisant vivre l’identité autochtone.

    Par Meline Escrihuela
    Le 23/06/2022