Les principaux candidats en lice sont l’actuel Premier ministre, Stephen Harper, conservateur, Justin Trudeau, pour le parti libéral, fils de l’ancien premier ministre emblématique dans les années 70-80, Pierre Trudeau, et Tom Mulcair pour le NPD (Nouveau Parti Démocrate). Lorsque l’on se promène dans les rues de Toronto ou de Vancouver, que l’on discute, on se rend compte que la politique n’est pas ce qui intéresse le plus les Canadiens en général et les jeunes en particulier. Lors des dernières élections fédérales, c’est la moitié des 18-24 ans qui n’est pas allée voter faisant exploser le taux d’abstention nationale.
image1Mais certains pensent que les choses sont différentes cette fois-ci, que cela va changer, Caroline, Katherine et Shane étudient à l’université de Colombie-Britannique à Vancouver. Lorsque l’on aborde avec eux la question des élections et l’absentéisme des jeunes, Katherine acquiesce l’air déçu, s’emporte presque puis demande à Caroline de s’exprimer « vas-y toi, tu sais mieux en parler que moi ». « Cette fois, c’est vraiment une élection importante, il y a beaucoup de gens qui sont en colère. Il est vraiment temps qu’Harper s’en aille, mais pour cela, c’est vrai que l’on a besoin que davantage de jeunes votent, mais j’en ai entendu beaucoup qui m’ont dit qu’ils allaient voter pour éviter qu’Harper ne soit réélu ».
« Ce qui peut motiver pour cette élection c’est que l’on a beaucoup parlé de sujets qui nous préoccupent comme les frais pour aller à l’université ou encore l’accession à la propriété pour les jeunes » continue Shane. Caroline le coupe « oui, mais on a aussi parlé de sujets qui n’avaient pas lieu d’être, comme l’histoire de cette femme qui ne voulait pas enlever son niqab pour une cérémonie de naturalisation. On en a fait toute une histoire alors qu’il y a des choses plus graves, cette polémique c’est de la distraction ».

Au HiVE, un espace de coworking de Vancouver, on ne milite par pour un candidat, mais on rappelle aux membres d’aller voter sur le grand tableau placé à l’entrée.


Les derniers jours de la campagne électorale ont particulièrement tourné autour de « la femme au niqab », Zunera Ishaq, qui se bat depuis 2013 pour pouvoir rester entièrement voilée lors de sa cérémonie d’entrée dans la citoyenneté canadienne, elle a obtenu gain de cause et depuis l’interdiction du port du niqab lors de cette cérémonie est devenue un argument de campagne et une aubaine pour le conservateur Stephen Harper plutôt mal parti en début de campagne.
A quelques heures du scrutin, personne n’est capable de donner un pronostic sur l’issue de ces élections. Dans les grandes villes, comme Toronto ou Vancouver, beaucoup déclarent qu’Harper, Premier ministre depuis 2006, ne sera pas réélu. L’actuel Premier ministre semble susciter un rejet complet chez certains Canadiens, beaucoup lui reprochent d’être « trop conservateur », ils lui reprochent de faire davantage républicain américain que conservateur canadien.
Le rejet est d’autant plus grand chez les jeunes, on le constate par exemple en lisant The Peak qui est le journal étudiant de l’université Simon Fraser. L’édito du numéro spécial du journal consacré à l’élection recense les sept raisons pour lesquelles il ne faut pas voter Harper. Miranda MacFarlane, l’auteure,
Les étudiants de Vancouver en sont surs, le 19 marquera le départ du Premier ministre conservateur Stephen Harper

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implore d’abord les jeunes d’aller s’inscrire pour pouvoir voter. Puis elle développe les raisons pour lesquelles il ne faudrait absolument pas voter pour l’actuel premier ministre. Parmi ces raisons, le fait qu’il ait rendu possible le retrait de la nationalité canadienne aux bis-nationaux dans certaines circonstances ou le fait que le Canada soit sorti du protocole de Kyoto. La question écologique est aussi abordée dans cette campagne, le gouvernement s’étant lancé dans une politique décriée de développement de l’exploitation du gaz de schiste sans que cela ne porte encore réellement ses fruits.
Ce rejet des conservateurs, les deux autres partis en jouent, et si on peut le sentir dans les grandes villes, traditionnellement peu conservatrices, nul ne sait s’il est partagé dans les provinces plus éloignées du nord du Canada. Ce rejet de certaines catégories de la population va peut-être se traduire dans les urnes, dans tous les cas, les appels au vote se multiplient pour ce que beaucoup appellent ici « a big election ».
Latifa Oulkhouir (Vancouver)

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