Ce début de semaine nous commençons par visiter ce qu’il y a autour de nous. Un endroit particulier qui nous intrigue : le sanctuaire de Rozabal. Il est situé dans le vieux Srinagar. Il attire sans cesse des touristes intrigués par cette thèse selon laquelle Jésus, après sa crucifixion et sa résurrection, serait mort plus tard dans la capitale d’été du Cachemire indien. Cette théorie aurait été véhiculée par des livres tels Jésus a vécu en Inde de l’auteur allemand Holger Kersten. Après une longue quête, nous finissons enfin par le trouver!

Nous arrivons devant une bâtisse entourée d’un petit jardin. Un grand panneau vert se trouve au dessus de nos têtes où on peut lire en arabe et en anglais des versets du Coran qui parlent de Jésus. Chez les musulmans, Jésus ne serait pas mort. Ainsi c’est une mise en garde de croire que Jésus serait enterré en ce lieu.  Nous commençons à prendre des photos pour immortaliser ce lieu étrange quand un passant s’arrête… pour nous hurler dessus. Sans nous demander plus d’explication sur la raison de notre présence, il commence à nous sermonner et nous dire qu’il est interdit de prendre des photos, même à l’extérieur. Nous lui expliquons que nous ne sommes là que par curiosité et que nous ne croyons pas en cette légende.

En réalité, nous explique le jeune homme, ce sanctuaire abrite le tombeau d’un saint musulman, Yuz Asaf. Il y a eu beaucoup de problèmes auparavant autour de ce tombeau de la part des touristes. C’est pourquoi le voisinage n’apprécie pas l’arrivée de curieux dans les parages, nous explique-t-il d’un ton agacé. Nous lui parlons calmement et il finit par se calmer quand un de ses camarades commence à lui faire comprendre sa méprise. Nous allons ensuite visiter un autre sanctuaire soufi. Rien d’extraordinaire, nous ne pouvons même pas y entrer. Il n’y a que les hommes qui y ont accès. Nous devons prendre des photos de l’extérieur. Nous n’y restons pas longtemps. Nous gardons le meilleur pour la fin : le Pari Mahal. On nous avait conseillé d’y aller un peu avant le coucher du soleil. Ce palais en ruine du haut de sa colline donne une vue panoramique sur la ville. Nous prenons un  taxi 4×4 pour nous y rendre. Nous partons un peu tardivement mais nous ne sommes pas déçues du voyage!

Après avoir survécu à notre chauffeur zigzaguant dans les virages, montant en altitude, et senti nos oreilles se boucher…nous découvrons une vue à couper le souffle. Nous ne regrettons pas cette escapade de fin de journée. Nous découvrons un jardin parsemé de fleurs. La vue sur toute la ville, inondée de lumière au coucher du soleil, nous laisse ébahies. Nous ne voulons plus partir alors que les gardiens militaires sifflent la fermeture. Nous faisons semblant de ne pas entendre mais nous devons au final nous résigner à partir.

Le lendemain nous partons en excursion pour Sonamarg, une ville située à plus de 200 km de Srinagar. Nous louons une voiture avec chauffeur pour la journée. Nous quittons donc la ville pour la montagne. La route est bordée de rivières, glace fondue venant des monts enneigés. Près de deux heures de trajet pour enfin découvrir ces montagnes entourées de nuages flottants. Après une randonnée d’environ deux heures nous rentrons. Notre troisième journée de la semaine, nous nous levons très tôt, à quatre heures exactement.

Nous allons au boat market. Ce marché flottant où les marchants vendent leur marchandise de leur petite barque. Fruits, légumes, épices, fleurs ou souvenirs, nous avons l’embarras du choix! Nous ne pouvions pas rater ça! Nous finissons par une après-midi shopping avant de partir chez Bashir qui nous a invitées à dîner chez lui. Le lendemain, avant-dernier jour avant notre départ, nous nous rendons au mariage religieux de la nièce de Bashir.

Ce jeudi c’est jour de henné. La fête de mariage, à laquelle on ne pourra pas assister, se déroulera vendredi. Deux tentes sont plantées dans le jardin pour séparer hommes et femmes. Dans la tente des femmes, de vieilles dames entonnent des chansons traditionnelles. Tandis que deux hommes, chacun prenant un côté, décorent de henné bras et jambes de la mariée. A la cuisine ce sont les hommes qui sont aux fourneaux : la viande posée sur des troncs d’arbre est attendrie par des marteaux alors que d’autres s’occupent de découper un amas de viande. Au menu de ce soir : riz et une multitude de différentes viandes. Pas de danses folkloriques à notre grand regret et notre soirée se termine ainsi dans le calme, en discussion.

Nos bagages sont prêts, il est temps de dire au revoir. Ainsi s’achève mon aventure indienne dont les images colorées resteront gravées dans ma mémoire. Retour à notre point de départ, Delhi, avant notre destination finale : Paris.

The end.

Chahira Bakhtaoui.

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