Le président métis (j’y tiens) est enfin à la Maison Blanche. Du jour de sa victoire à celui de son investiture, je pensais à cet instant où il deviendrait le 44e président des Etats-Unis, mais je ne parvenais pas à y croire. Encore une fiction américaine, me disais-je, un avatar de « 24 heures chrono » et de « Weeds ». Hier, j’ai eu peur. Et si un malheur arrivait ! En bonne Africaine, j’envisage toujours le pire et Dieu merci, rien de tel ne s’est produit.

Obama est un symbole. Il reste un homme, bien sûr, mais aujourd’hui, une page est tournée. Et quelle page ! Je crois que je n’ai jamais été aussi fière d’être noire. Bien que je ne sois ni américaine, ni cousine éloignée de nouveau président américain, je suis noire avant tout. Ce qui me touche le plus, c’est que Barack Obama ne s’appelle pas Mr Smith comme beaucoup de Noirs américains. Il porte un nom africain, chose qui rend ce jour encore plus mémorable. Un fils d’Africain, un Africain, en somme, va siéger à la Maison Blanche. Hier, toute la terre ou presque a vu dans cet homme de couleur (comme on aime dire) un grand homme. Un grand homme qui n’est ni producteur de RN’B ni manager d’une équipe de basket, mais qui est un politique.

Je sais désormais que rien (j’exagère un peu) n’est impossible. Attention, je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il va changer le monde, mais sa « simple » élection est une preuve que les choses bougent. Une fois encore, les Etats-Unis donnent le « la ». Les Américains ont cette « touch » incomparable, ce style qui leur donne une longueur d’avance. Dans ce pays où les Noirs se faisaient lyncher il n’y a pas si longtemps, le président, aujourd’hui, est « noir ».

Hier après-midi, j’ai vu sur mon écran télé, un pays qui s’est dépassé et j’ai pensé : à quand cela en France ? Si Barack Obama est un symbole pour toute la population noire du monde, il ne faut pas perdre de vue qu’il est le président des Etats-Unis. N’attendons donc pas de lui qu’il refasse nos routes ou veille au bon développement de nos cités. Et pourtant ! Aussi simpliste que cela puisse paraître, qui dit président des Etats-Unis dit un peu président du monde, non ?

Je n’ai pas versé de larmes devant ma télévision, j’ai écouté et regardé un homme qui témoigne que « c’est possible ». Martin Luther King, Malcolm X, Rosa Parks et tant d’autres ont dû sourire dans leur tombe. On aurait tous voulu qu’ils voient ça. Mais le jour le plus grand, le plus fort, sera celui où les Etats-Unis éliront un Indien d’Amérique à la présidence.

Ndembo Boueya

Ndembo Boueya

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