Shanghai, 14h28 (7h28 à Paris), tout un pays se fige pendant trois minutes. Trois minutes pendant lesquelles la terre du Sichuan a tremblé le 12 mai, à compter de 14h28, faisant plus de 12 000 morts, selon un bilan provisoire. Ce lundi matin, chacun regarde sa montre. Des milliers de personnes autour de moi, à l’arrêt. Soldats, policiers, cuisiniers retirent alors leurs couvre-chef. Ils ne bougent plus.

Les voitures, elles, continuent de rouler mais plus doucement, puis font halte également. A l’écoute de leur autoradio, ils attendent l’instant précis, à la seconde près. Cet instant arrive. Commence alors une symphonie de klaxons, le tout dans un paysage complètement immobile. Impressionnant, surréaliste, l’hommage est plus que réussi et a été respecté par chacun.

14H31. Comme si un magicien avait appuyé sur le bouton « play », la vie reprend en Chine. Le hurlement des klaxons prend fin, les voitures repartent et les piétons se remettent à marcher comme si rien ne s’était passé. La Chine va être en deuil pendant ces trois prochains jours. Cinémas, piscines et tout ce qui touche aux loisirs devraient être fermés, le parcours de la flamme olympique qui devait passer à Shanghai sera interrompu durant cette période.

  
Chou Sin

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