Lors d’une conférence de presse mardi 22 juillet, la Ligue des droits de l’Homme et l’Association France Palestine Solidarité ont confirmé l’autorisation de la manifestation de soutien au peuple palestinien de ce mercredi 23 juillet prévue à 18h30 par la préfecture de police de Paris. Le parcours partira de Denfert-Rochereau  pour finir aux Invalides.

Les différents collectifs présents à cette conférence se rejoignent pour demander au gouvernement français de s’engager plus clairement afin de trouver des solutions dans ce conflit en faveur du processus de paix, mais aussi pour la fin du blocus et de l’occupation. Parmi eux, des politiques, comme Pascal Durand, député européen Europe Écologie-Les Verts  : « Nous saluons cette initiative de la LDH et de l’AFPS de faire en France une manifestation pacifique pour régler la paix et marquer notre solidarité avec le peuple palestinien, nous ne considérons pas que la qualité d’oppresseur et d’opprimé est la même. Le peuple palestinien est en train de subir une sanction collective de la part d’un Etat, l’état d’Israël, qui au nom de la défense de sa sécurité et en train de faire payer à des milliers de femmes et enfants civils, personnes âgées, sa logique colonialiste et sa logique militaire. »

Pour Patrick Ventura, responsable à l’international du Parti de gauche : « Nous sommes face à un engrenage meurtrier qui doit cesser, et des moyens existent. Il faut qu’Israël arrête immédiatement son action militaire et mette un terme au blocus que subit la Palestine. Nous devons obliger et obtenir d’Israël qu’il respecte les accords d’Oslo par lesquelles il est internationalement tenu et qu’il ne respecte pas ».

Quant à Taoufiq Tahani, Président de l’AFPS, il confirme que la manifestation de mercredi 23 juillet a été autorisée, « c‘est une victoire de la démocratie et de la liberté d’expression qui a été mise à mal par le gouvernement actuel. D’ailleurs, ce même gouvernement s’est distingué concernant le mouvement international de boycott. La France est le seul pays où les militants qui soutiennent le boycott des produits israéliens sont suivis devant les tribunaux grâce à une circulaire, la circulaire Alliot-Marie, toujours en vigueur. Aussi, nous avons organisé 250 manifestations de soutien au peuple palestinien jusqu’à maintenant, à travers toute la France. Les médias n’en citent que trois… »

La crainte de voir à nouveau la question de la LDJ resurgit. Du point de vue de Taoufiq Tahani, « la Ligue de Défense Juive, groupuscule d’extrême-droite israélien, interdit aux États-Unis et en Israël, opère en toute liberté en France. Et, je n’ai pas vu de poursuite contre eux, alors que du côté des manifestants, il y a eu des arrestations et comparutions immédiates (…) Est-ce que le gouvernement est capable de se poser la question : les deux manifestations où il y a eu du désordre (manifestation du 18 juillet à Barbès, manifestation du 20 juillet à Sarcelles, ndlr), sont celles qui ont été interdites. Interdiction ça veut dire désordre, et c’est qu’on a expliqué à la préfecture. »

Hana Ferroudj

Articles liés

  • Le « dégoutage » : bien plus qu’un spleen à l’algérienne

    En Algérie, le phénomène du “dégoutage” persiste depuis des décennies. Le terme existait bien avant le hirak, (révolution pacifique citoyenne algérienne). Parmi la population, les jeunes, mais aussi les personnes âgées vivent ce sentiment qui n’a pas de définition dans le dictionnaire français.

    Par Amina Lahmar
    Le 14/09/2022
  • « Au Canada, deux mondes se croisent et doivent cohabiter » : réflexions sur la Justice restaurative

    Au Canada, les porte-paroles des premières nations se battent contre la surreprésentation des populations autochtones dans les prisons. Face à un système juridique, parfois opposé aux valeurs de ces peuples, les militants se battent pour tenter d'endiguer le phénomène. Adéline Basile, étudiante en droit à l’université d’Ottawa et vice-cheffe de la Première nation Ekuanitshit en fait partie. Interview.

    Par Meline Escrihuela
    Le 20/07/2022
  • A Montréal, errance et identité autochtones

    A Montréal, il n’y a pas de quartier autochtone comme on aurait un Little Italy ou un Chinatown. Mais ceux que l’on appelle « les itinérants » c’est-à-dire les sans-abris dont bon nombre sont autochtones ont un parc où ils se retrouvent : le square Cabot. C'est dans ce lieu emblématique que différentes institutions tentent de répondre à leurs besoins en multipliant les initiatives culturelles et solidaires tout en faisant vivre l’identité autochtone.

    Par Meline Escrihuela
    Le 23/06/2022