Les élections européennes approchent à grands pas. Le Bondy Blog s’empare du débat. Lors de l’école du blog du samedi 7 mars, l’équipe du site internet « Toute l’Europe » est venue nous en dire plus sur ce que communément on appelle « Bruxelles ». Au programme : description des institutions communautaires, rappel des grands débats à l’échelle européenne, du projet de constitution toujours en attente et des élections de juin prochain.

A l’évocation du mot « Europe », deux grandes idées viennent à l’esprit : d’abord, les deux guerres mondiales qui ont déchiré le continent, événements abondamment relatés et dans nos manuels scolaires. Mais dans ces mêmes livres, l’« Union européenne » n’apparaît que très peu. Elle est souvent perçue en France – le « non » de 2005 au traité constitutionnel l’atteste – comme une sorte d’ennemi : bureaucratie, technicité des débats, multiplication des institutions. Mais chacun sait pourtant, que l’Europe fait partie de notre quotidien, sans que nous ne nous en apercevions forcément : agriculture, grands travaux publics, subventions aux régions.

Quant à l’euro, s’il continue d’agacer, il semble que la plupart des citoyens français reconnaisse le côté pratique de la monnaie unique. Pour certains jeunes qui en ont eu l’opportunité, l’Europe signifie Erasmus : ces échanges académiques qui permettent à des millions d’étudiants chaque année de découvrir le temps d’un semestre ou d’une année les richesses culturelles et linguistiques des pays membres de l’Union.

Mais ce qui a le plus alimenté le débat sur l’Europe à l’école du blog, c’est la question de l’adhésion turque à l’Union européenne. Le sujet ne nous est pas indifférent, ne serait-ce que du fait de la présence de nombreux Turcs ou Français d’origine turque en France. Les arguments pour et contre l’adhésion de la Turquie sont nombreux : d’un côté, les promoteurs de la candidature turque soulignent les nombreux progrès en matière de démocratie et de droits de l’homme réalisés par Ankara, l’économie dynamique du pays, l’avantage de voir un pays musulman rejoindre le club européen, et les rapprochements avec l’Asie centrale et le Proche-Orient que cette adhésion permettrait.

Un argument, précisément, que les opposants à l’entrée de la Turquie retournent pour pointer les risques d’une fusion entre l’Union européenne et une zone à risque. Les plus farouches craignent un afflux d’immigrés turcs en Europe occidentale et voient dans la Turquie un Etat loin des canons des démocraties européennes. Et puis reste cette question : la Turquie est-elle européenne ? Pour quelques jeunes présents à la réunion de l’école du blog, il y a une certaine hypocrisie chez les décideurs européens à ne pas oser parler du « vrai problème » : l’intégration d’un pays musulman dans l’Union, qui deviendrait après adhésion le deuxième Etat le plus peuplé de l’UE, obtenant ainsi une forte représentation politique et institutionnelle.

Sinon, être européen, ça veut dire quoi ?

Nassira El Moaddem

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