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TOUR D’EUROPE 2014. Première étape du voyage de Rémi : Helsinki. Réputé parmi les plus généreux de la planète, le système social finlandais est mis sous pression depuis plusieurs années par une population vieillissante et une rigueur budgétaire implacable. Retrouvez son carnet de route et tous les articles sur notre page spéciale

A 24 ans, Toivo Laitinen ne comprend pas la passivité de ces jeunes amis. Cet étudiant en histoire économique et sociale enrage de voir son pays répéter les erreurs du passé: “Après la chute de l’Union Soviétique, une crise financière a obligé le gouvernement à couper dans les dépenses sociales. Or, les statistiques montrent que les Finlandais nés dans cette période [début des années 1990] ont eu plus de mal à s’intégrer dans la société et souffrent plus de troubles psychiatriques que les autres générations”. Pour lui, la réduction des dépenses publiques met en danger l’égalité des chances, valeur fondamentale de la société finlandaise.

L’austérité, les gouvernements successifs y sont pourtant très attachés. Evaluée à 57% du produit intérieur brut (PIB), la dette finlandaise est la dernière d’Europe à bénéficier d’une note triple A stable. L’année dernière, le gouvernement a mis en place un plan de réduction des dépenses publiques de plus de 9 milliards d’euros. Outre le gel des retraites, le gouvernement a aussi supprimé les aides aux organisations de logement étudiant. Pour justifier ces coupes, la coalition au pouvoir affirme préparer l’avenir. En effet, la population finlandaise est vieillissante, et le fardeau des retraites va fortement s’alourdir dans les années à venir. Des projections gouvernementales le chiffrent à 30,2% du PIB d’ici 2030 contre 24,6% en 2008.

L’éducation comme principale richesse

Mais face aux efforts demandés aux jeunes Finlandais, la peur du déclassement se fait sentir. Les parents de Sanni Laiho, 22 ans, faisaient partis de la première génération à pouvoir bénéficier de l’éducation gratuite de la maternelle à l’université. Cette étudiante en littérature craint aujourd’hui de ne pas pouvoir bénéficier des mêmes conditions de vie. “Certains politiciens grisonnants estiment que la Finlande ne peut plus se permettre cette gratuité et réclament l’introduction de frais de scolarité à l’université ! Mais l’éducation, c’est la seule chose que nous savons vraiment bien faire, c’est notre principale richesse.”

Le gouvernement continue certes de verser à chaque étudiant finlandais une bourse de 500 euros par mois. Mais depuis 2012, l’université Aalto d’Helsinki a mis en place des frais de scolarité expérimentaux pour les étudiants étrangers. Alors que les premiers résultats se font connaître, Sanni et Toivo jubilent : des 13 étudiants acceptés en 2011 et soumis aux frais de scolarité maximum, seul un est finalement venu à la rentrée, une tendance se répétant en 2012.

A Helsinki, tous les étudiants ne partagent pas leur révolte. Lauri, 23 ans et Oona, 22 ans supportent Kokoomus le parti de la coalition nationale. Pour eux, la réduction des dépenses publiques est nécessaire. Ils en sont sûrs, le gouvernement fera tout pour réduire les dépenses d’éducation en dernier recours. “L’éducation, c’est la première richesse du pays. A part le bois, nous n’avons rien d’autre que de très bons employés. Il y a de très bons économistes au gouvernement qui ne laisseront pas faire ceux qui comptent faire payer l’éducation” veut croire Lauri.

Rémi Hattinguais

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