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Pékin a balayé tous ses mendiants de la ville pour accueillir les Jeux olympiques. Ainsi, les touristes ne sont pas harcelés par des centaines de mains à la sortie des sites touristiques. Sur la photo ci-dessus, une dame ramasse des petites bouteilles vides tout près de la place Tiananmen. Elle ira les revendre à une entreprise de recyclage. J’ai demandé un jour à une dame combien lui rapportait une petite bouteille collectée : un mao. Si le prix est exact, il faut donc 100 petites bouteilles pour obtenir 1 €. C’est l’un des moyens pour les plus pauvres de gagner leur pain.

Des gens qui récoltent les bouteilles en plastique, j’en ai vu partout en Chine. Mais ici, à Pékin, cette activité est considérée proche de la mendicité et donc interdite pendant les JO. C’est pourquoi cette dame stocke ses bouteilles dans un sac-à-main pour ne pas être repérée par la police. Avec elle, deux enfants. Ils sont petits, ne dépassent pas dix ans et courent partout de poubelles en poubelles. Ils n’hésitent pas à y plonger la tête, comme dans un jeu, et récupèrent le maximum de bouteilles. Sur la photo, ils aident leur mère à écraser les bouteilles pour qu’elles prennent moins de place.

Avec tous les touristes et la chaleur, les petites bouteilles vides coulent à flots. Sur la place Tiananmen elle-même, un autre ramasseur de bouteilles. Par contre, lui, est assis à côté d’une poubelle et a posé par terre un grand sac poubelle. Les Chinois connaissent tous cette activité et jettent alors directement leur bouteille vide dans le sac. Notre ramasseur n’a pas l’air d’être inquiété par les policiers.

Près de chez moi, il y a une passerelle. On m’a expliqué que dessus, il y avait depuis toujours un vieux bonhomme qui jouait de la musique pour obtenir quelques pièces. Et peu de temps avant le début des Jeux, il a disparu. Personne ne sait où il est parti, ni comment.

L’objectif de Pékin en expulsant tous les mendiants était que tout soit propre et que les visiteurs repartent sans mauvaise image. Une image artificielle. D’après tous les témoignages que j’ai récoltés, le Pékin des JO est un Pékin neuf. Tout est beau, tout est propre, tout est grand, mais tout est bien fade. Pékin n’a rien à voir avec les autres villes que j’ai vues pendant mon voyage. Les rues sont immenses mais ont l’air vide. La circulation est quasiment fluide partout, mais il a fallu recourir à la « circulation alternée ».

Il manque le côté convivial des petits restaurants de rue, également interdits. On retrouve quelques vendeurs à la sauvette qui vous proposent des produits dérivés des JO mais de façon très parsemée. J’étais à Shanghai il y a trois mois, et ils étaient partout. Pour les très pauvres qui ont pu rester à Pékin, c’est un peu une aubaine car il y a énormément de petites bouteilles !

Je faisais la queue au poste de sécurité avant d’assister à une épreuve, j’y ai aperçu ceux qui font les grosses poubelles. L’entrée étant interdite aux briquets et aux petites bouteilles d’eau, c’est l’endroit stratégique pour tout récupérer. Avec les centaines de milliers de personnes qui y passent par jour, ça doit en faire des bouteilles et des briquets ! Ces ramasseurs-là, tout le monde les voit et la police laisse faire.

Peut-être, tout simplement, parce que ce sont les mendiants, davantage que les autorités, qui contribuent efficacement au tri sélectif et au recyclage des déchets. Une main-d’œuvre, en somme, qui ne coûte rien et qui utile pour l’environnement.

Chou Sin

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