MONDIAL 2014. En ce jour de match pour la troisième place du championnat mondial, les Brésiliens boudent la Seleçao. La rencontre face aux Pays-Bas sonne faux dans les oreilles des supporters.

C’est un peu  le lot de consolation de la Fifa, la rencontre qui sert souvent à rien. Les Brésiliens avaient été clairs dès le début : c’est la victoire ou rien ! Mais cette année, ce match pour la troisième place sera intéressant pour constater, ou pas, la réaction brésilienne après la fessée reçue contre l’Allemagne (7-1) le 9 juillet dernier. Nicolas Muniz, directeur de l’association Sambola, qui se trouve actuellement à Rio témoigne : “La défaite a vraiment plombé le moral des supporters. En fin de compte, la troisième place, ils n’en ont rien à faire. Mais le plus important pour eux, c’est que l’Argentine ne remporte pas la coupe du monde.”

Brésiliens et Argentins, ennemis de toujours. Une raison qui enfonce un peu plus le moral brésilien quand ils voient cette équipe en finale face à l’Allemagne. “Cependant il y a une partie du peuple qui s’est sentie tellement humiliée suite à la défaite en demi finale, qu’elle préférerait que l’Argentine gagne, histoire de réellement foutre la honte aux pays et montrer qu’ils n’en ont plus rien à faire du football et de cette coupe du monde”, ajoute ce Français très proche du peuple local.

Les Brésiliens ont la fête facile. Mais aujourd’hui, les seuls endroits où il risque d’y avoir un peu de festivité en cas de victoire du Brésil seront les Fans Fest, ces lieux mis en place par la Fifa, équipés d’un écran géant et rassemblant des milliers de supporters pendant la diffusion des matchs de la coupe du monde. “Il y aura toujours des groupes de musiciens qui jouent, et un minimum de supporters qui encouragent leur équipe… Mais personnellement, je ne pense vraiment pas qu’il y ait un énorme engouement de la part du peuple pour cette troisième place honorifique. C’était la victoire finale ou rien du tout”, souligne Nicolas.

D’ailleurs dans le pays, les tensions se sont ressenties dès le coup de sifflet final. “Il y a eu pas mal de révoltes, des bus qui ont été brûlés et des manifestations… A la fin du match, chaque fois que l’Allemagne marquait, les Brésiliens célébraient aussi ce but avec un feu d’artifice”, précise Mara une Brésilienne membre de l’association Sambola.

On peut aussi se poser la question du véritable intérêt de cette troisième place. « Il n’y a rien de pire que de perdre deux fois de suite après avoir fait un tournoi fantastique. Je l’avais déjà dit il y a dix ans : on ne devrait pas jouer pour cette troisième place. Ça ne consolera pas du fait de ne pas être champion”, a affirmé Louis van Gaal, sélectionneur des Pays-Bas.

Nombreux sont ceux qui ne regarderont pas la rencontre ce soir. Pour d’autres, les couleurs noir jaune et rouge deviendront le nouveau blason d’un soir. Quelques fidèles supporters revêtiront le maillot jaune de la sélection nationale. Mais pour la majorité, ce match aura un goût amer…

Ines El laboudy

Articles liés

  • GameStop : révolution des traders amateurs ou victoire illusoire ?

    C’est un vent de panique qui a soufflé sur Wall Street en ce début d’année lorsque des traders en herbe, inscrits sur un forum Reddit de conseils boursiers, se sont coordonnés pour faire échouer les plans de puissants fonds d’investissements concernant une franchise de vente de jeux-vidéos. Retour sur cette folle saga qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

    Par Yunnes Abzouz
    Le 04/03/2021
  • Une école francophone à Gaza pour l’avenir des Palestiniens

    À Rafah, au sud de Gaza, l’association Tabassam Gaza entreprend d’ouvrir une école francophone. Son président Waleed Aboudipaa, enseignant de français et humanitaire gazaoui tente de proposer une offre éducative aux écoliers de la ville dont la scolarité est menacée par la guerre avec Israël et la pauvreté qui en découle.

    Par Amina Lahmar
    Le 15/02/2021
  • « Sans le vouloir on contribue au génocide des Ouïghours »

    Les États-Unis, par le biais du secrétaire d'État sortant Mike Pompeo, ont accusé la Chine de "génocide" et de "crime contre l'humanité", à propos du traitement réservé à la minorité musulmane des Ouïghours, réduite en esclavage dans des camps et acculturée par le régime. Une accusation historique, dans une période où la cause de cette minorité a été plus que jamais médiatisée. Mais où en est-on dans la lutte pour la libération d'au moins un million de personnes ? Entretien avec Dilnur Reyhan, présidente de l'institut ouïghour d'Europe.

    Par Lila Abdelkader
    Le 22/01/2021