[BONDYBLOG-US] Les sondeurs et les journalistes estimaient sa victoire hautement improbable et pourtant il l’a fait : Donald Trump est devenu le 45ème président des Etats-Unis d’Amérique. Tout au long de la journée, le Bondy Blog publie les réactions des blogueurs, qui oscillent entre effarement et stupeur. Partie 1/4.

Ce n’était pas un cauchemar. Ce matin, les Etats-Unis se pissent bel et bien sur les bottes. Le populisme peut gagner. Encore. A nouveau. Malgré tout. Comme toujours, les grand-mères et leurs dictons avaient raison : « C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs confitures ». Les recettes qui ont permis à Donald Trump de devenir l’homme le plus puissant de la planète, les Athéniens les bouffaient déjà dans l’Antiquité. Les faibles, les opprimés, les étrangers sont tels des pommiers au début de l’automne : tapez-leur dessus et vous en récolterez les fruits. Mais toujours, l’Histoire a montré que ce n’était pas le bon chemin à suivre pour l’humanité. Du coup, devant mon café, la biographie de Mandela posée sur la table, cette pensée : il y a toujours un espoir dans le noir.
Idir HOCINI
Pendant la campagne électorale, j’ai eu l’impression d’avoir deux boxeurs face à moi. Avant un combat, ils essayent de se déstabiliser mutuellement. Et de ce que j’en ai vu chacun des deux candidats allaient chercher des informations sur le second pour lui envoyer des pics lors des meetings. J’ai plus eu l’impression de regarder une émission de télé-réalité que deux candidats en campagne électorale. J’ai également eu l’impression que beaucoup d’électeurs votaient par manque de mieux, certains ne voulaient ni l’un ni l’autre. Maintenant que Trump est élu, j’aurais préféré que sa candidature soit un canular, parce qu’honnêtement j’ai peur de ce qui pourrait se passer ces quatre prochaines années.
Elsa GOUDENEGE
House of Cards, la production phare de Netflix, m’a tout appris. Je veux dire sur l’élection présidentielle américaine, leur déroulement et les moyens que se donnent les candidats pour aplatir l’adversaire. Du Super Tuesday, à l’importance des grands électeurs dans la primaire démocrate, en passant par le mode de scrutin indirect, les budgets de campagne faramineux et l’art de savoir s’entourer d’hommes et de femmes influents dans son équipe ; impossible pour moi de ne pas regarder cette élection sous le prisme de ce chef d’œuvre d’intensité et de poésie. Étrange de constater à quel point une œuvre de fiction peut vous en dire autant sur votre actualité et la réalité. Mais ce qui est réellement surprenant est d’observer l’effet inverse sur cette rixe entre nos deux compères : Clinton et Trump. Dans leur cas, c’est la réalité qui se rapproche de la fiction : la virulence des débats, les déclarations de Trump sur les musulmans, ce manichéisme entre Clinton l’héroïne et Trump le milliardaire excentrique planifiant un plan diabolique pour dominer le monde. Hillary Clinton aurait pu devenir la première femme de l’Histoire à devenir présidente des Etats-Unis d’Amérique. Un scénario de film hollywoodien, je vous dis ! Mais c’est finalement Trump, le « candidat antisystème » qui l’a emporté. Une histoire digne d’une sitcom, devenue réalité.
Jimmy SAINT-LOUIS

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