Décembre signifie fin d’année et fêtes mais pour moi c’est vacances annuelles imposées par mon employeur. Alors, où partir ? Au soleil pour fuir la morosité de l’hiver ? tout en sachant que tout coûte plus cher en période de vacances scolaires. Après avoir fait le scanner des pays avoisinants : Tunisie (désert humide en cette saison), Maroc (mon pays, je peux le  faire plus tard), Italie (mon amie non intéressée), Turquie (la Cappadoce, mais trop froid et trop cher pour la période), Dubaï (déjà fait). Rien ne me convenait. Mon choix s’est finalement porté sur Oman, suggestion faite de Fatima, amie qui devait m’accompagner dans ce voyage. Un pays très peu touristique et pourtant plus authentique que son voisin des Emirats Arabes Unis où niche Dubaï, l’artificielle. Mais comme la vie nous réserve toujours des surprises, tout ne se passe pas toujours comme on le prévoit…

La période des vacances scolaires restant très chère, avec Fatima, nous nous sommes arrangées pour partir un peu avant en prenant des jours de RTT. Toujours pour éviter la période des vacances scolaires, nous avons prolongé nos vacances en passant de 10 à 23 jours. Donc trois semaines de vadrouille du nord au sud d’Oman. Tout allait bien quand nous avons prix les billets à un prix raisonnable. Quelques jours plus tard pourtant, mon voyage tournait au chaos. L’agence de voyage nous contacte pour nous informer d’un changement sur notre vol : nous devrons partir un jour plus tôt et au lieu de faire une seule escale, ce sera deux. Deux choix nous sont proposés : soit nous acceptons le changement, soit on nous rembourse. Craignant une hausse de prix, nous acceptons. Nous nous arrangeons de nouveau avec nos employeurs respectifs pour partir un jour plus tôt en vacances.

Jusqu’ici tout va bien. Nous organisons notre voyage, les différentes étapes où s’arrêter : principalement autour de Mascate, ville côtière, les wadis (montagnes) environnantes, le désert et au Sud à Salalah. Pour l’hébergement, qui est assez cher à Oman, nous optons pour le couchsurfing, pour ainsi, par la même occasion côtoyer des locaux. Les contacts sont pris, le trajet est tracé, prêtes à partir…Mais ce sera seule. A une semaine du départ, Fatima m’annonce qu’elle ne peut plus venir à cause d’un imprévu familial. Je ne veux pas annuler. Ce voyage, depuis des semaines, je l’ai préparé, rêvé. Je décide alors de continuer ma route seule.

Nous sommes mercredi, c’est le jour J. J’ai préparé mes bagages le week-end dernier. Je suis prête à m’envoler au soleil. Je préviens mon contact, Salim, qui va m’héberger chez sa famille à Mascate. J’arrive à 3h du matin, j’ai alors réservé une nuit d’hôtel via le site AllCheaphotel, censé donner les prix les plus bas. Une sacré somme pourtant : 50€ la nuit pour deux personnes ! A partager à deux, ça fait moins mal au cœur. Mais je ferai quelques économies en étant hébergée…enfin c’est ce que je pensais.

Mon escale à Amman (Jordanie) se passe bien mais arrivée à Abu Dhabi (Emirats Arabes Unis), on me dit que mes bagages ne suivent pas mon avion. Il part dans quelques minutes. J’angoisse. J’ai en face de moi un homme d’origine indienne avec un fort accent. Il me demande de patienter. J’ai du mal à comprendre ce qu’il me dit. Je suis fatiguée et le stress commence à monter. Au bout de quelques minutes, alors que mes larmes commencent à monter, il me donne ma carte d’embarquement et me confirme que mes bagages ont bien été transférés. Soulagée, je file à la porte d’embarcation où il est annoncé un retard de 20 minutes qui se transforme en 40 minutes.

Complètement K.O, j’arrive à Mascate à 4h du matin, heure locale (3h de différence avec Paris). Le temps d’acheter mon visa, je sors de l’aéroport une demi-heure plus tard. Une personne de l’hôtel doit venir me chercher mais suite au retard de l’avion, il est retourné au complexe. C’est donc Haithem, l’hôte d’accueil, qui vient me chercher. J’ai la chambre VIP2, elle est juste super et je comprends mieux le prix. Les problèmes vont commencer le lendemain quand on me demande de payer la chambre alors que j’ai déjà payé en ligne. Il semblerait que l’hôtel ne travaille pas du tout avec cette agence et qu’ils n’ont jamais reçu la somme. Pour couronner le tout, je dois payer 71€ ! Heureusement Salim est là, il est venu me récupérer. Il leur laisse son numéro de téléphone et leur demande de bien vérifier et de l’appeler dès qu’il y a du nouveau. Une heure de perdue dans ce nouveau stress…

Un stress qui va continuer dans mon parcours et ne va pas me laisser desserrer les dents. Salim me demande si je veux aller tout de suite dans le désert. Je regarde ma valise à l’arrière, je me dis « c’est quoi ce traquenard ? » Je suis tentée mais en même temps, je viens d’arriver et veux commencer tranquillement. Je finis par refuser, ce qui contrecarre ses plans. Il avait déjà réservé pour moi, alors même que je n’étais pas au courant. Il m’explique alors qu’il ne peut pas m’héberger car il y a de la famille qui est venue chez lui, sa maison est pleine. Mon visage, très expressif, se crispe. Il me dit de ne pas être triste, que tout va s’arranger. Il m’indique un hôtel qui ne serait pas trop cher (15 RO soit 30 € tout de même !) Je finis la soirée plus détendue et souriante, à dîner avec lui et un  jeune couple allemand qu’il devait aussi héberger et qui a fini dans la même situation que moi. Salim s’en va et je pars en balade avec le couple avant de rentrer à mon hôtel, seule.

A suivre…

Chahira Bakhtaoui.

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