Les meurtres par la police de personnes noires sont, à bien des égards, des actes de terreur, voire de terrorisme. Au sens littéral du terme.  Comparable, dans une certaine mesure, à ce que sont les féminicides et les viols. Selon le Code pénal français « constituent des actes de terrorisme, lorsqu’elles sont intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ».

Si nous pensons que les violences répétées contre les corps racisés par des dépositaires légaux du monopole de la violence ne sont pas des incidents épars commis par des brebis galeuses mais une réalité qui fait système, avec des manières d’agir cohérentes et identifiables, alors elles ont une fonction.  Et comment nier que cette fonction est de nous indiquer notre place et de nous forcer à y rester ? Cette violence-système nous rappelle que nos corps sont superflus et que nos vies ne comptent pas en tant que telles, qu’elles sont là pour servir. Si nous nous libérons de notre place assignée, nous ne servons plus. Sa fonction est de nous intimider et de nous terroriser. Ces meurtres nous rappellent que l’ordre public est construit contre nous.

Terreur, diffusion d’images violentes et santé mentale

Nous savons qu’il s’agit d’actes de terreur contre nous parce que nous le ressentons.  Nous avons vécu, après la diffusion mondiale et répétée des derniers moments de vie de George Floyd, un trauma collectif et diasporique. Beaucoup d’entre nous ont dû éviter les réseaux sociaux pour échapper à l’exposition à ces images extrêmement violentes.

En tant que groupe subissant des oppressions systémiques et historiques, notre santé mentale n’est pas seulement une affaire personnelle (ce qui suffirait à en faire un problème sérieux) mais également une question hautement politique.  Quelle santé mentale est considérée comme digne d’attention, quels besoins émotionnels sont entendus et servis et quels autres sont ignorés, niés ou violentés systématiquement ne sont pas des questions accessoires à la lutte antiraciste, elles sont à son cœur.

Quels rôles jouent les images de violences policières et de meurtres dans nos luttes ?

Si nous sommes nombreux∙ses à avoir refusé de regarder la vidéo exposant les derniers moments de vie de George Floyd, personne n’a pu totalement pour autant y échapper. Nous mobilisons aussi beaucoup la vidéo, le fait de filmer la police, dans la lutte contre les violences policières. Quels rôles jouent les images de violences policières et de meurtres dans nos luttes ? Si nous acceptons la santé mentale comme centrale à la lutte antiraciste, quelles pistes s’offrent à nous pour participer à pérenniser et voir aboutir nos combats ? Cet article tente d’offrir quelques réponses à ses questions.

Nous savons donc qu’il s’agit d’actes de terreur contre nous parce que nous sommes collectivement, à travers le monde, en tant que personnes Noires, terrorisées. Mais parce qu’il s’agit d’une forme de terreur frappant les corps racisés, et plus spécifiquement les corps Noirs, il ne s’appuie pas sur un sentiment de perte d’innocence. Nous ne nous sommes jamais crûs au-dessus, intouchables. Il s’agit d’une forme de terreur tissée dans le tissu de la suprématie blanche. Elle s’ancre dans l’humiliation. Nous humilier est ce que fait la suprématie blanche. Et nous nous sentons de nouveau humilié∙es. La colère que nous ressentons face à la manière dont George Floyd est mort a beaucoup à voir avec son caractère particulièrement humiliant.

Nous avons chacun∙e, de manière éparse, développer des stratégies pour faire face et s’en sortir face à la médiatisation de la mort de George Floyd, survenant après celles de Breonna Taylor et d’Ahmaud Arbery. Et nous avons dû le faire parce que ces morts entraient en résonance avec nos histoires et nos vies. Puis nous avons appris la mort de Tony Mcdade. Puis de MacAtee. Puis l’expertise se présentant comme officielle sur les causes de la mort d’Adame Traoré est tombée, venant nier l’évidence.

Nous nous sommes dit « il ressemble à X ». Nous connaissons ces visages, ils sont les nôtres.

La terreur. Certain∙es d’entre nous se sont réveillé∙es en pleurs, d’autres se sont endormi∙es en pleurant, la colère au ventre. Beaucoup d’entre nous se sont sentie∙es désespéré∙es. Nous avons eu peur pour nos proches, nos filles et fils, nos neveux et nièces, nos parents, nos frères, nos sœurs, pour nous. Nous nous sommes dit « il ressemble à X ». Nous connaissons ces visages, ils sont les nôtres.  Nous pourrions mourir en rencontrant la police, nous n’avons nulle part où aller.

Psychologues, chercheurs∙ses et études sont venu∙es confirmer l’impact des vidéos montrant des violences policières contre nos corps Noirs sur notre psyché : anxiété, dépression, peur de sortir, troubles du sommeil et de l’appétit, sentiment de peur démultiplié lorsqu’en contact avec la police… c’est-à-dire des troubles du stress post-traumatique.

Alors que beaucoup d’entre nous se retrouvent dans un état de trauma renouvelé, nos collègues de travail n’ont eux, la plupart du temps pas vécu ces meurtres comme des actes de terreur les visant indirectement.  Ils n’ont pas été traumatisés. Si ce n’avait pas été pour les propriétés qui ont brûlé, beaucoup en Europe ne savaient en réalité pas ce qu’il se passait et ne s’en seraient pas souvenu. Cela nous pousse soit à internaliser nos peines, soit à nous exposer aux sanctions et aux contrôles lorsque nous parlons. Nous sommes alors jugés peu professionnel∙les. Il s’agit de l’une des autres spécificités des actes de terreur à l’encontre de minorités raciales : dans la plupart des cas leur dimension terroriste est déniée, ce qui renforce le contrôle sur nos corps.

La médiatisation de ces actes de terreur arrive à un moment où nos ressources mentales pour faire face à leur portée traumatique est au plus bas, alors que la Pandémie du Covid-19 a tué en Europe et aux Etats-Unis les personnes racisées de manière disproportionnée, que beaucoup parmi nous ont eu faim, perdu leur emploi, n’ont pas pu enterrer dignement leurs proches, ont continué à se faire poursuivre, enfermé∙es, « massacré∙es » parce que déclaré∙es illégaux.

Ainsi que le dit la thérapeute, guérisseuse et activiste antiraciste Prentis Hemphill, « les oppressions systémiques sont, en bien des manières, imposées et perpétuées par le trauma».

Dès qu’il s’agit de dénoncer la violence raciale infligée à des personnes Noires, nous nous retrouvons avec des images humiliantes qui circulent

Si le viol et les féminicides sont des actes de terreur contre le corps des femmes, cis- et trans-, pour nous faire collectivement obéir à l’ordre patriarcal, personne ne suggérerait de diffuser, en boucle, en partageant sur tous les réseaux sociaux, pendant plusieurs jours, depuis 10 ans, des vidéos de féminicides et de viols. Non. Nous partageons le nom des victimes, nous racontons leurs histoires, nous les gardons en mémoire.  La Loi Avia vise, elle, à donner à la Police, entre autres, les moyens de bloquer toute image qu’elle considère comme une incitation ou la promotion du terrorisme.  L’une des justifications de cette mesure liberticide est justement qu’il faut éviter que ne se reproduise la diffusion en live par les terroristes eux-mêmes de leur massacre comme ce fût le cas en Allemagne et en Nouvelle-Zélande.

Pourtant, dès qu’il s’agit de dénoncer la violence raciale infligée à des personnes Noires, nous nous retrouvons avec des images humiliantes qui circulent (en mer Méditerranée qualifié∙es de migrant∙es, en Libye qualifié∙es d’esclaves, dans les vidéos de violences policières bientôt qualifié∙es de criminel∙les). Son caractère systématique en montre la fonction raciale.

L’humiliation comme outil de domination raciale

Les images de lynchages étaient des cartes postales, les images de nos corps de femmes colonisées s’échangeaient entre les colons et en Europe, les films de propagandes coloniaux, les zoos humains, ont largement servi à justifier aux yeux du monde se définissant comme blanc la mission civilisatrice mise en branle. La duplicité de l’ordre racial, qui se réclame d’une supériorité des valeurs morales (humanisme, universalisme, civilisationisme, humanitarisme, féminisme etc.) pour justifier son usage monopolistique de la violence, est construite en grande partie par l’image.  Montrer nos corps humiliés fait de nous des corps humiliables. Ces images renforcent cette idée construite de l’inévitabilité de la souffrance pour les Noir∙es de même que les discours sur l’afro-malédiction. Notre phénotype est associé, dans le monde entier avec la peine, la catastrophe, la détresse et l’impuissance en même temps qu’avec le danger, la colère, l’exubérance et le bruit. Le reste du monde trouve toujours réconfortant de penser que, dans n’importe quelle circonstance, nous souffrons plus qu’eux. Nous l’avons vu encore récemment à l’occasion des écrits et prises de parole à qui mieux-mieux sur le moment terrible où le Covid-19 allait ravager l’Afrique, faisant des projections de morts, répétant à l’envie « nous n’avons rien en France, je n’ose même pas imaginer ce qu’il va se passer lorsque le pic épidémique frappera l’Afrique ».

Le reste du monde trouve toujours réconfortant de penser que, dans n’importe quelle circonstance, nous souffrons plus qu’eux.

Nous humilier est un des outils de la domination raciale. Mais puisque la suprématie blanche repose sur la production d’images, et comme beaucoup d’entre nous l’ont souligné, elle vit et prospère également de ce qu’elle cache. La mère d’Emett Till est celle qui a tout fait pour que les photos de son fils lynché à mort soient diffusées. Depuis 10 ans, filmer la police dans sa violence est l’un des outils que beaucoup d’entre nous ont utilisé comme protection dans beaucoup de situations. La mort de George Floyd a été filmé par une jeune femme Noire de 19 ans. La mort de Breonna Taylor n’a pas été filmée alors qu’elle se faisait tuer par la police, de plusieurs balles, dans son lit, chez elle, alors qu’elle dormait.  Beaucoup de familles de victimes en France aimeraient pouvoir appuyer leur réclamation de justice de vidéos (celles de Lamine Dieng, Zineb Redouane, Wissam El Yamni, Babacar Gueye, Gaye Camara, Ibrahima Bah, Adama Traoré et trop d’autres).  Nous savons que ce qui est filmé n’est qu’une portion congrue de la violence qui est exercée contre nos corps et lorsque nous parlons d’instruments de lutte contre les violences policières, nous conseillons toujours de filmer.  Filmer est devenu un nouvel instrument nous permettant de rendre visible ce qui avant été caché, avec l’espoir que ces violences étaient perpétuées parce que cachées.

Puisque nous savons que les images de meurtres par des policiers de personnes Noires sont traumatisantes, il nous faut nous demander : en quoi cela sert-il la lutte ? Et plus centralement, pour celles et ceux d’entre nous, comme moi, qui refusent d’utiliser des instruments nous traumatisant comme stratégies de lutte : comment continuons-nous à nous battre pour la justice et la liberté sans mobiliser des techniques qui nous retraumatisent ? Comment répondons-nous aux actes de terreur à notre encontre ?

Dans un article paru en 2015, intitulé « Qu’est-ce que ça vous apporte de voir des Hommes Noirs mourir ? », Jamil Smith analysait le fait que, si la diffusion des vidéos de violences policières avait éventuellement sensibilisé l’opinion publique, le nombre de morts à la suite d’interventions de police n’avait pas baissé. Le comportement des agent∙es de police et les politiques publiques n’avaient elles n’ont plus pas évolué vers une meilleure protection de nos vies. Nous pouvons tirer les mêmes conclusions pour la France. Depuis 10 ans, bien à l’inverse d’une remise en cause de fond du rôle de la police dans nos vies, les lois votées ont été vers un renforcement de ses moyens légaux et matériels et vers une surenchère pénale.

Le policier blanc qui a tué George Floyd savait qu’il était filmé. Les vidéos de l’agression subie par Fatoumata Kébé, éborgnée par une grenade de désencerclement alors qu’elle rentrait tranquillement chez elle, n’a pas permis la condamnation des policiers, même s’ils ont permis qu’ils soient renvoyés aux assises.

Si l’exposition répétées à des vidéos de violences à l’encontre de personnes racisées par des policièr∙es blanc∙hes n’ont pas changé la situation pour le mieux, il nous faut en conclure que la raison pour laquelle ces violences existaient impunément n’étaient pas uniquement parce qu’elles étaient cachées. L’autre argument est peut-être qu’il faut du temps pour que les changements arrivent, pour que le rapport de force se construise et pour que la conscience politique conduise à la prise d’action.

Comment continuons-nous à nous battre pour la justice et la liberté sans mobiliser des techniques qui nous retraumatisent ?

Le fait est que si nous ressentons parfaitement les effets négatifs de la diffusion de ces images, les effets positifs concrets, au-delà d’une conquête hypothétique de l’opinion publique, sont bien moins tangibles. L’argument même consistant à faire cette équation coût/avantage amène à normaliser l’idée qu’il est normal que nous souffrions pour le bien commun. Nos corps ne sont pas faits pour souffrir. Il faut le redire, beaucoup d’entre nous n’ont pas regardé la vidéo de l’agonie de George Floyd. Comme nous n’avons pas besoin de vidéos nous montrant les derniers moments de vies Adama Traoré ou d’Ibrahima Bah pour nous mobiliser.

Si nous pensons, et beaucoup d’entre nous le pensent, que la police est une fonction du capitalisme racial (le système d’accaparation, d’expropriation et de destruction basé sur le génocide des peuples autochtones et l’exploitation des corps Noirs définis comme propriété fonctionnant par la différenciation et la hiérarchisation) nous devons nous préparer à ce que très probablement les manifestations et révoltes massives ayant lieu en ce moment aux Etats-Unis, malgré leur importance dans la lutte et le courage qu’elles nous donnent, ne mettront pas fin aux meurtres par la police de personnes racisées.

Comment lutter ?

Il nous faut refuser, à la suite d’Audre Lorde, d’utiliser les outils de maître, pour lutter contre les actes de terreurs perpétrés à notre encontre. Alors que pouvons-nous faire ?

Contrôler l’usage que nous faisons des images de nos corps

Nous pouvons commencer par différencier les usages des vidéos afin de mieux nous protéger. Filmer les violences policières est utile. Les vidéos sont des éléments de preuve essentielles, elles permettent de mieux répertorier les violences qui sont commises contre nous et de mieux analyser les techniques et le système qui est mis en place pour qu’elles perdurent. Comme le fait l’application UVP, il nous faut apprendre à mieux filmer ces actes pour qu’elles permettent d’identifier les agent∙es de police en cause par exemple.Les images de nous en train de mourir ne sont pas un bon outil de lutte médiatique. Elles n’apportent pas des changements de fond, renforcent les traumatismes, redéfinissent nos corps comme des corps humiliables. Ce dont nous avons besoin, et ce qui est déjà fait par de nombreux∙ses journalistes, c’est de la mémoire.  Ne pas oublier nos morts et ce qu’iels étaient au-delà de la violence blanche qui leur a été infligée.

Se préparer à faire le deuil

Parce que nous vivons dans un système qui fait de nos vies des existences superflues dont on peut disposer, la mort y est omniprésente. Nous allons être amené∙es à faire le deuil de personnes que nous connaissons et que nous ne connaissons pas. Apprendre à faire le deuil est en réalité le contraire de normaliser les morts Noires mais à l’inverse donner de l’espace dans nos vies pour ces pertes, alors même que les institutions nous en dénient le droit. Beaucoup l’ont souligné sur les réseaux sociaux, dont Mélissa Laveaux. Apprenons à nous demander comment nous allons dans ces moments-là. Nous demander entre personnes concernées, comment nous nous sentons est le premier pas pour reconnaître que nous avons le droit de ne pas nous sentir bien et qu’il n’y a rien de normal à notre surmortalité. Comment voulons-nous faire le deuil personnellement et collectivement ? De quoi avons-nous besoin ? Comment le faire alors que nous devons nous occuper d’autres personnes ? Comment concilier ce besoin de deuil avec d’autres réalités matérielles ? Il nous faut avoir ces conversations entre nous, peut-être formaliser certaines méthodes de recueillement, en faire des moments collectifs.

Diminuer la présence de la police dans nos vies

Nous pouvons rejoindre et/ou donner de la force aux collectifs déjà organisés dans la lutte contre les violences policières. Il nous faut aussi réévaluer les raisons pour lesquelles nous appelons la police. Mieux nous former pour connaître nos droits et mettre en place des stratégies collectives de protection lorsque nous assistons à des actes de violences par des personnes dépositaires de l’autorité publique. Il nous faut surtout mettre en place des solutions alternatives pour nous protéger. En matière de violences faites aux femmes, la police n’est en réalité pas d’une grande aide, lorsqu’elle n’aggrave pas la situation. 65% des femmes victimes de féminicides avaient porté plainte. Pour beaucoup d’entre nous de toute façon, appeler la police n’est pas une option. Renforçons les structures de luttes féministes qui ne reposent pas sur l’existence de la police (Strass, Acceptess-T, Mwasi etc.), mettons en place des espaces qui empuissancent les minorités de genre et forment au leadership non-toxique. En matière de santé mentale, la police a à plusieurs reprises montré sa dangerosité.  Mouhamed Boukrourou, atteint de trouble psychiatrique, est mort à la suite d’une intervention de police, alors que sa propre famille les avait appelé pour les aider à contenir la crise psychiatrique dont il était sujet. La France a été dans cette affaire condamnée par la CEDH pour traitement inhumain et dégradant. Pour diminuer la présence de la police dans nos vies, il nous faut renforcer et mettre en place des structures de transmission et de prise en charge collectives de notre santé mentale qui prennent en compte nos conditions matérielles d’existence et nos traditions de soins.

Penser un avenir sans police, ni prison

Ce que les meurtres de la police contre nous créent, c’est également beaucoup de fatalisme. Elles nous obligent à nous remettre dans un mode de survie au jour le jour. Cela nous laisse croire qu’il n’existe pas de scenario dans lequel nous pourrions être libres, en nos propres termes. Pourtant, avoir notre propre programme de lutte et de libération nous permet de ne pas subir un agenda qui n’est pas le nôtre mais d’imposer les termes de la discussion que nous voulons avoir sur le sujet. Pour cela il est central de penser des alternatives et de les réfléchir concrètement en travaillant sur des projets de justice transformative/ restaurative inspirées de méthodes de conciliation pré-coloniales et adaptées à nos réalités contemporaines. Nous pouvons déjà militer pour une baisse des budgets de la police et de l’armée en faveur de la lutte contre la pauvreté et pour la santé, notamment dans la santé mentale. L’OIP le souligne « selon la dernière enquête épidémiologique de référence, plus de 20% des personnes incarcérées sont atteintes de troubles psychotiques dont 7,3% de schizophrénie et 7% de paranoïa et autres psychoses hallucinatoires chroniques. »[3]. Nous pouvons militer pour la décriminalisation au sens large de nombreuses infractions qui loin de nous garantir la sûreté aggravent en réalité les problèmes de violence.

Nous pouvons penser et commencer à organiser une réalité radicalement autre avec des stratégies qui ne dépendent pas de l’attention médiatique qu’on porte à nos morts et qui permettent de trouver des solutions durables à notre sûreté collective. Des luttes dans la dignité.

Laurence MEYER

Crédit photo : Audrey PRONESTI

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