«C’est un nouveau modèle de développement que nous devons construire » a déclaré François Fillon lors de l’ouverture du 6e Forum Mondial de l’eau à Marseille. Cette réunion est l’occasion de rassembler les décideurs mondiaux sur l’avenir de l’eau. 25 000 participants venus de 140 pays sont attendus durant une semaine. Des chefs d’Etat et de gouvernement, des membres de grandes industries, ONG et représentants d’associations sont réunis dans la cité phocéenne afin de trouver des solutions à la raréfaction de l’eau. Le changement climatique, les pollutions diverses, l’agriculture intensive, l’augmentation de la population mondiale et de l’urbanité, des habitudes de consommation gourmandes en eau…tous ces facteurs pèsent lourdement dans la balance des problèmes liés à l’accès à une eau en quantité et en qualité suffisante. Alors que la population mondiale a triplé en 100 ans la consommation de l’eau a également été multipliée par trois.

Aujourd’hui, près de 8 millions d’hommes meurent des conséquences d’une eau insalubre et près d’un milliard n’ont pas accès à l’eau potable. Sa répartition sur la planète est particulièrement inégale et touche à des questions très délicates comme la souveraineté des Etats. Mais cet évènement est l’occasion de chercher des solutions concrètes. 2000 chercheurs ont préparé ce forum en amont : conférences, débats, réunions politiques, projets labellisés… En plus de cela, un « village des solutions » avec des stands tenus par Veolia, EDF, Skate Foundation, Pan African Vision for the Environment, AID Foundation (etc) présentent leurs projets pour demain.

« Rien n’a changé »

Alors qu’à l’intérieur du Parc Chanot se tenait l’ouverture du Forum, une vingtaine d’ « indignés » ont manifestés dehors pour afficher leur mécontentement. Les forces de l’ordre, présentes en grand nombre, les ont très vite encerclés leurs arrachant tambours et baquettes des mains. Ces manifestants venus parfois de loin (Espagne, Pologne, Kazakhstan) se sont déplacés afin de proclamer leur vision d’un partage de l’eau équitable. Eddy un indigné en colère rappelle que plusieurs forums ont déjà été organisés « mais rien n’a changé car les grands groupes font de l’argent avec un bien vital qui devrait être accessible par tous. »

Pour lui, l’important est de changer les habitudes et pour cela il faut de la volonté et des prises de décisions comme l’engagement pour une agriculture moins consommatrice d’eau en limitant la production de maïs par exemple.

Ces contestataires rappellent qu’en marge du Forum officiel se tient au Dock des Suds à Marseille un Forum Alternatif Mondial de l’Eau (FAME) du 14 au 17 mars. Plus de 1 000 participants seraient inscrits à cet autre rendez-vous parmi eux Attac, Emmaüs International, Ingénieurs sans Frontières, CGT… Les thèmes abordés seront assez similaires à ceux du Parc Chanot : « les femmes et l’eau », « le Lac Tchad », « eau et santé »… Ce qui diffère ce sont les solutions proposées. Laurent Flety, porte-parole du FAME dénonce notamment le profit tiré de l’eau. Il prend l’exemple de la ville de Marseille qui se targue d’avoir l’une des meilleures qualités d’eau de France. Il critique la la cité phocéenne qui devrait favoriser selon lui l’accès à l’eau notamment aux familles Roms et nomades. Il dénonce notamment le manque criant de douches publiques et de points d’eau potable. Ces deux événements autour de l’eau promettent beaucoup, l’action est désormais attendue.

Charlotte Cosset

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