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Des dunes envoutantes du désert algérien, aux rues de Karachi, en passant par Brooklyn pour atterrir au pied d’une cascade Suisse. Ces instants figés sur panneaux blancs, accompagnés des légendes affinées par de jeunes de Corbeil-Essonnes, représentent autant d’invitations au voyage.

Inde, Palestine, Irak, Algérie, Islande, Chine, Ouzbékistan, Pakistan, Oman, Brésil, Égypte, Sénégal ou encore Cambodge… Voici quelques-unes des destinations que vous invitent à découvrir Othmane, Maissa, Scherazade, Ismael, Yakob, Sariya, Samy et Hind au fil de l’exposition « Le monde est nous ».

À l’origine du projet, Khalil Alessi chargé de mobilité internationale au service jeunesse, réunit autour de lui huit jeunes femmes et hommes de différents quartiers de la ville qui ont accepté de partager leurs photos personnelles. « Il ne s’agissait pas seulement de relater des vacances à travers une série de photos, mais plutôt de valoriser le talent des jeunes et les bienfaits de la mobilité internationale, à travers leurs récits », détaille Khalil Alessi.

Une galerie pleine à craquer

L’idée est aussi de « prouver à d’autres que si des jeunes du quartier qui leur ressemblent l’ont fait, eux aussi peuvent y arriver ». Ici, Khalil Alessi souhaite également déconstruire les préjugés à l’égard des jeunes. « Les habitués de la galerie d’art sont plutôt des personnes âgées, à des années lumières d’imaginer que des jeunes de la ville voyagent au bout du monde seuls. »

C’est ce que confirme, quelques minutes plus tard, Nicole, 77 ans, habituée des lieux, mais agréablement surprise par la qualité des photos exposées et ravie de voir autant de jeunes présents ce soir.

« On n’a jamais vu autant de jeunes dans une galerie d’art », sourit Caglar Ersoy, directeur du service jeunesse de Corbeil-Essonnes. Au plus fort de la soirée, difficile de faire un pas dans la galerie pleine à craquer. Ce mercredi soir, la galerie d’art est à la jeunesse. Certains ont fait le déplacement depuis le 93, mais la majorité des visiteurs sont des jeunes originaires des différents quartiers de la ville, venus soutenir leurs amis. Pour beaucoup, c’est leur premier vernissage.

Quand La mobilité internationale interroge la mobilité à l’échelle locale

« Moi, j’ai grandi aux Tarterêts. Plus tard, j’ai déménagé au Pressoir-Prompt et j’ai commencé à traîner à Montconseil. Ce sont deux cultures différentes, deux langages différents. C’était déjà mon premier voyage. » Ces mots de Yakob pour légender une de ses photos interpellent. Conscient des enjeux de la mobilité dans sa propre ville, connue pour ses conflits inter-quartiers. Triste réalité rappelée au cours de la soirée par le maire Bruno Piriou qui déplore le fait « qu’il soit parfois plus facile de voyager au bout du monde que d’aller dans un autre quartier de la ville ». 

Des voyages pour se construire

Pour Ismaël, 25 ans et déjà 33 pays à son actif, aller à la rencontre d’autres cultures est primordial. « Quand tu vas dans des pays où des gens qui n’ont rien te donnent tout sans rien demander en retour, tu gagnes beaucoup en humilité », explique l’animateur de la ville qui avoue, comme son camarade Othman, être « touché et fier de voir ses photos exposées dans la galerie d’art de la ville ».

Du haut de ses 19 ans, Maïssa, elle, encourage les jeunes femmes à se lancer dans l’aventure et voit à travers les voyages un vecteur d’émancipation. Si le choix du nom « Le monde est à nous » fait sans mystère référence au film « la Haine », ces œuvres sont « une ode à la paix et à la tolérance ». Et comme le monde ne s’arrête pas à Corbeil, l’exposition a, elle aussi, pour ambition de voyager, précise Khalil Alessi. Parce qu’à Corbeil, c’est « Le monde ou Rien »… vous avez la réf.

Céline Beaury 

L’exposition se tient à la galerie d’art, 16 allée Aristide Briand – 91100 Corbeil-Essonnes, jusqu’au 15 février

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