À quoi ressemblera la ville de demain ? Comment aménager et valoriser le territoire ? Des élèves du lycée Fénelon de Vaujours, en Seine-Saint-Denis, ont tenté de répondre à ces questions au travers différents projets d’aménagement aux échos écologiques qu’ils ont eux-mêmes présentés pour la première fois lors de la Nuit des Idées à l’Institut de recherche et de développement (IRD), à Bondy.

Dans la pièce, les idées fusent autour de la table. Des post-it recouvrent les tableaux. Ils sont une trentaine d’élèves, un mélange d’une classe de Première et d’une classe de Terminale de la filière Science technique de l’agronomie et du vivant (STAV). « Il faudrait se réapproprier les espaces verts, certains sont méconnus et avec le projet d’aménagement de la ville de demain, on les connaîtra », lance Cassandra, 17 ans, en Terminale STAV, « une formation qui étudie les rapports entre nature, animaux, environnement et territoire », explique-t-elle.

Concilier solidarité et écologie

L’ambiance est studieuse, les jeunes concentrés. Ambre Bonin, élève de Première, prend la parole. Elle fait partie du groupe « Solidarité sociale au Fort de Noisy ». Elle soumet son idée à ses camarades et son professeur : « Pour le projet d’arbre solidaire, on plantera des arbres fruitiers, des arbustes et des rampants pour que les personnes à mobilité réduite puissent accéder à ces endroits. Le lieu sera géré par une association locale qui donnera la possibilité à des personnes précaires et des personnes handicapées d’entretenir les arbres pour se réinsérer professionnellement et aussi obtenir en contrepartie des fruits et des légumes ». En face, les autres acquiescent. La jeune femme poursuit sur sa lancée : « Il y aura un frigo solidaire. La récolte des arbres fruitiers sera déposée dans le frigo solidaire. (…) Autre idée d’aménagement : installer des toilettes sèches dans des parcs. Souvent, les SDF sont rejetés de ces endroits car ils y font leurs besoins. Ces toilettes sèches sont simples : pas besoin d’eau, c’est écolo et sans odeur ». Quand solidarité rime avec environnement.

« Moi ce qui compte c’est la solidarité et nous mettons tout en œuvre pour y inclure le plus de personnes possibles », souligne Armand Monnier, lui aussi élève Première STAV. Le projet qu’il développe avec ses camarades ? Créer un fil d’Ariane pour les personnes à mobilité réduite : « le fil d’Ariane constitue une bande podotactile au sol, avec un relief différent par rapport aux dalles. Cette matière permettra aux aveugles de suivre un chemin tout tracé pour découvrir un chemin de senteur par exemple. Le but est d’aider les non-voyants à se déplacer, seuls, librement et de profiter du parc et de la nature comme tout le monde ».

« C’est toujours intéressant de travailler avec des jeunes, ils ont beaucoup d’idées ! »

Place à la culture avec Théotime Perrigault et ses camarades. Ces derniers souhaitent que les habitants de la Seine-Saint-Denis aient accès au patrimoine en se rendant dans un parc. En voilà une idée ! Elisa Roldan nous décrit ce projet : « Nous avons eu l’idée d’aménager un labyrinthe qui reliera chaque continent par la végétation. Exemple : montrer l’Afrique avec les Baobab, l’Asie avec les bambous. Chaque continent aura cinq sens : le bruit par le vent qui fait bouger un arbre, l’odorat grâce aux fleurs… »

Toutes ces idées, chaque groupe d’élèves les a présentées devant Annabelle Mellot, coordinatrice de la Nuit des Idées à l’IRD, mais aussi devant leur professeur, Jean-Marc Rafenberg et des intervenants extérieurs. Parmi eux Hervé Pillaud, agriculteur en Vendée depuis 40 ans, qui n’a pas hésité à apporter son aide et son expérience aux élèves du lycée Fénelon. « Travailler sur ce projet d’aménagement urbain où l’agriculture peut jouer un rôle important dans la construction du lien social en Seine-Saint-Denis est intéressant, s’enthousiasme Hervé Pillaud. Les élèves m’ont beaucoup enrichi, c’est toujours intéressant de travailler avec des jeunes, ils ont beaucoup d’idées ! Ça a été une journée exceptionnelle, je pense qu’il y aura une suite car autant de personnes qui donnent leurs idées produira forcément quelque chose de positif ». C’est donc une affaire à suivre !

Ndeye SAMB

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