Encore un fait de violence à l’Université Paris XIII de Villetaneuse. Encore, car cela fait plus d’un mois que cette université est le lieu d’incivilités et d’agressions en tous genres. Lundi 14 vers 15h, un étudiant s’est fait « planter » au bras par un individu armé d’un couteau. Aussitôt, les pompiers sont arrivés et au final le jeune homme s’en tire avec un bandage au bras et une grosse peur.

L’agresseur, qui a été reconnu par des témoins comme un habitant du quartier a été tout de suite recherché par la police. Il semble que ce ne soit pas la première fois qu’il semait des troubles à l’intérieur de l’université. Il y a moins d’un mois, une bagarre entre deux groupes d’individus (environs 40 personnes) a éclaté au sein du campus. La semaine dernière, un professeur se faisait agresser à son tour.

Alors quoi ? L’inégalité, de fait, entre les universités parisiennes, d’une part, et de banlieues, d’autre part, au niveau des diplômes s’élargirait-elle maintenant aux moyens humains mis en place pour maintenir la sécurité en leur sein ? Il y a de quoi se poser la question lorsque l’on voit les forces de l’ordre veillant à la sécurité à l’entrée de la Sorbonne, alors qu’à Paris XIII… A paris XIII, on voit tout et n’importe quoi : un mec en train de boire une bouteille de champagne achetée au discount du coin et chinant du shit aux étudiants. Ou encore, une course poursuite à pied entre la police et un « délinquant juvénile » se terminant dans les couloirs de l’université. Et maintenant une attaque à l’arme blanche !

Selon des responsables de Paris XIII, cela fait « un moment » qu’ils demandent un soutien de l’Etat pour maintenir la sécurité au sein de l’établissement, mais ils n’ont jusqu’ici visiblement pas été entendus. Faut-il faire appel à la police ? Ou envisager d’autres pistes ? L’université se trouve entre deux quartiers « ennemis » depuis des années, à cause d’une histoire de pitbull qui se règle de temps à autres en faisant parler les poings et la poudre.

En outre, le chômage dans ces quartiers (et plus généralement dans la ville) est élevé. Pourquoi Paris XIII-Villetaneuse ne communiquerait-elle pas davantage avec les quartiers de la ville pour mettre en place un programme social et culturel ? Les étudiants de l’université pourraient épauler, par exemple, et notamment dans leur orientation, des collégiens ou des lycéens. Paris XIII est un incroyable réservoir de savoir, avec des professeurs de hauts rangs (des diplomates travaillant pour le compte de l’ONU, des sociologues réputés) et 18 000 étudiants environ qui pour la plupart viennent eux aussi des quartiers populaires.

On peut regretter enfin que des syndicats étudiants qui se disent « représentatifs », à l’instar de l’UNEF, ne mettent pas l’accent à la fois sur les besoins de sécurité et sur la dynamique que peuvent produire les étudiants de cette université. Leurs revendications, et leurs réalisation, sont toujours un peu les mêmes : des « sandwichs-boissons » à bas prix et l’appel à aux « luttes » traditionnelles, qui peuvent sembler abstraites à une partie des étudiants.

Plus qu’un énième fait divers en banlieue, cette agression au couteau, hier à Villetaneuse, questionne le principe républicain d’égalité. Les conditions de travail des professeurs et des étudiants ne sont pas ce qu’elles devraient être dans une université digne de ce nom. Qu’en sera-t-il à Paris XIII en janvier 2010 avec l’entrée en vigueur de la réforme des universités de Valérie Pécresse ?

Aladine Zaiane

Aladine Zaiane

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