Les mathématiques et moi, c’est un peu comme visionner un film avec un bandeau sur les yeux, mâcher un chewing-gum avec une rage de dents, ou courir sur du verglas… Un vrai calvaire. Certains trouvent logique que l’équation x² + 4x + 4 = (x + 2) (x – 1) fasse -2. Eh bien, pas moi. Les maths, tu nais avec ou sans. Je suis née sans. Au collège ça pouvait encore aller, mais depuis mon entrée au lycée, c’est devenu nettement plus compliqué. Au terme d’un parcours du combattant, j’ai tout de même obtenu – ô miracle – la moyenne au premier trimestre. Enfin, si mes calculs sont bons…

Contrairement à mes années de collège, le prof de maths du lycée ne prend pas vraiment le temps nécessaire pour quelqu’un qui patauge comme moi. Parce qu’il faut « finir le programme ». En début d’année, dans ma classe, on n’a pas trop compris l’intérêt de vouloir absolument terminer un programme alors que beaucoup sont à la traîne. Alors on a posé la question à notre prof, et il nous a répondu que toute la classe irait en 1ère S (scientifique) et que c’est la raison pour laquelle le programme devait être mené à son terme. Idem pour le prof d’histoire : tout le monde ira en 1ère L (littéraire…), et ainsi de suite de chaque prof dans chaque matière. Ben voyons… 

Durant les vacances de la Toussaint, nous avons eu droit à un Devoir Maison (dit DM) en maths. Il portait sur des équations des premier et second degrés. Un casse-tête chinois ! J’ai essayé de m’y mettre au début des vacances, vous savez, lors de ce premier week-end où l’on se dit qu’on va faire tous ses devoirs pour en être débarrassés le restant du congé. J’ai tout fait sauf devinez quoi ? Ce foutu DM. Je me suis dit que je le ferais plus tard. J’ai tout tenté mais malheureusement, la langue « mathématique » me parle moins que la langue française. Après avoir retourné les lettres et les chiffres dans tous les sens, la feuille est demeurée désespérément blanche.

Ça s’est terminé par une réunion à la bibliothèque avec une partie de ma classe, quatre jours avant la rentrée, pour essayer de résoudre ces fameuses équations. On s’est dit qu’à plusieurs cerveaux, ça irait plus vite. Enorme bêtise parce qu’il nous aura fallu toute la journée. Pourtant la plus matheuse d’entre nous était avec nous ce jour-là ! Je ne vous parle pas de nos crânes proches de l’explosion après six heures de torture mentale, du nombre de feuilles noircies et de la calculatrice qui a rendu l’âme…

J’ai demandé à des collègues du Bondy Blog, qui ont pour la plupart leur bac en poche, donc forcément le niveau seconde, de m’aider. Mais tous leurs souvenirs se sont envolés. Même chez celui qui a passé son bac l’année dernière… Est-ce que cela voudrait dire que les maths s’oublient aussi vite que ces toutes ces dates historiques qu’on accumule au long de notre scolarité ?

Sarah Ichou

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