Je me souviens qu’au collège, en troisième plus particulièrement, on s’était mis la pression pour le brevet. C’est surtout parce que c’était notre premier examen. On savait que « tout le monde l’a le brevet ». On se mettait par contre déjà la pression pour le Bac : « là c’est le Brevet donc ça va mais dans 2 ou 3 ans, le Bac ça ne va pas être le même délire » Voila ce qu’on disait.

Deux ans se sont écoulés depuis le brevet. Cette année, en première, on passe les épreuves anticipées du Bac, c’est-à-dire Français oral et écrit, plus une nouveauté: Physique-chimie et SVT (Science Vie et Terre) pour les filières Economiques et Sociales (ES) et Histoire pour les filières Scientifiques (S).

Au mois de septembre, en Français quand la prof a prononcé le mot « Bac », il y a eu un silence phénoménal dans la classe, on a tous pris une claque. On y est, ça nous concerne enfin. On entend toujours dire qu’untel passe son bac, qu’il l’a raté ou obtenu peu importe, mais une fois que c’est notre tour, drôle de sensation.

Effectivement, derrière ces trois petites lettres se cache tant de choses: peur, stress, nuits blanches, bibliothèque, absence de vie sociale, rencontre avec la caféine…

Et puis ce mot on en a tellement entendu parler, mais avant d’y être confronté on croit tous que c’est comme le grand méchant loup: on entend toujours parler de lui mais il ne vient jamais. Le mythe a été cassé :« Au moins de juin il y a, comme vous le savez l’examen. Il ne faut pas croire que c’est loin parce que ça arrive vite je vous assure ». Sur le coup on se dit « oui bien sûr on est le 15 septembre, c’est dans 9 mois, on a le temps de voir venir ».

Et en fin de compte, le temps passe très très vite. C’est maintenant dans moins de quinze jours. La physique-chimie et la SVT ce n’est pas ma passion mais en révisant bien c’est faisable et puis l’épreuve ne dure qu’une heure et demi. Par contre le Français c’est une toute autre histoire. L’écrit c’est sur des textes inconnus donc il n’y a pas vraiment de choses à apprendre si ce n’est les méthodes pour faire un commentaire, une dissertation ou une écriture d’invention. Mais alors l’oral ? Comment dire? C’est tout simplement énorme. Pour ma part j’ai 17 textes analytiques. Ce qui veut dire que je dois connaître ces 17 textes en détails, avec tout ce que voulait dire l’auteur: les métaphores, connotations, courants littéraires. En plus il faut ajouter à ces 17 textes ceux qui sont complémentaires, qui nous servent de référence et d’appui lors de la deuxième partie de l’épreuve orale: l’entretien.

Pour réviser il faut s’organiser. Déjà il ne faut pas s’y prendre à la dernière minute parce que 17 textes, les chromosomes, les OGM, les protons et le fonctionnement du cerveau ça ne s’apprend pas comme ça. Ça veut dire qu’après les cours, en rentrant à la maison vers 17/18h on peut s’offrir une pause d’une trentaine de minutes et c’est parti.

Sauf qu’à cette période de l’année scolaire, c’est la fin du troisième trimestre. On a donc énormément de contrôles car dans beaucoup de matières « il nous manque des notes ». Il faut donc jongler entre les révisions du bac et les révisions des contrôles, tout un art.

Mode d’emploi: il n’y en a pas, on fait comme on peut. On essaie de s’organiser mais on n’arrive pas à respecter les horaires et les contraintes qu’on s’impose. Donc on finit par travailler la nuit, réviser ses contrôles à la cantine et à la cafétéria.

Le soleil et la chaleur se font sentir on est donc tenté de sortir se balader mais ça ne fait pas vraiment partie du programme. Bien qu’il ne faut pas faire que bûcher sinon on craque. Conseil d’amie: s’accorder au moins une soirée, un après-midi dans la semaine de « off ».

Depuis la nuit des temps, une fois que le conseil de classe est passé et qu’on sait qu’on passe (ou pas) 99,9% des élèves ne viennent plus en cours. Mais attention cette année on a une partie du bac à faire donc on est raisonnable « une fois que le conseil de classe passe, je reste chez moi et je révise non stop, je viens juste en Français et en Sciences », on s’est tous dit la même chose. On a expliqué la situation au CPE (Conseiller Principal d’Education) parce que les absences sont comptées jusqu’au 13 juin, soit une semaine après les conseils de classe. Mais il y a une solution à tout, même aux coups de fils que la surveillante passe aux parents. Le tuyau? Prévoir son absence. Donc remplir le petit billet rose dans notre carnet de liaison qui nous sert à justifier nos absences, avec comme motif « révisions ». Une excuse valable après tout: le conseil est passé et dans les autres cours on ne travaille quasiment plus, autant ne pas perdre son temps. Mais est-ce que ce motif est vrai pour tout le monde? Pas sûr.

Comme dirait une bloggeuse que je ne citerais pas « maintenant que j’en suis à Bac +5, je me demande si ce n’est pas mieux d’aller élever des chèvres dans le Limousin, au moins j’aurais un job », en attendant j’ai mon oral le 26 juin.

Sarah Ichou

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