Hier, 90 élèves de l’école maternelle Roger Salengro à Bondy sont repartis bredouille après avoir appris que l’école ne pourra pas assurer l’accueil des enfants.  Ce n’est pas la première fois que cet établissement doit faire face à cette situation.

8h30. Sur le chemin de l’école pour déposer mes neveux je ne sais pas encore que trois professeurs sur six de l’école maternelle Roger Salengro à Bondy sont absents. Ce qui va créer une pagaille inimaginable pour l’école et les parents afin d’assurer l’accueil ou non de ces cent-soixante-dix élèves.

L’école est à dix minutes de chez moi à pied. Il faut traverser la gare de Bondy, zigzaguer entre les containers de poubelles. L’école c’est après le passage piéton et la boulangerie qui fait l’angle de la rue Roger Salengro. Quand on explique aux gens ils trouvent toujours.

Mes neveux traînent des pieds, je les active car nous sommes à la bourre. En face de l’alimentation générale Kallaajini store, il y a une maman et son petit garçon qui m’interpelle « pas d’école, rentrez à la maison ». Le doux ronronnement des voitures m’empêche de l’entendre. Je m’approche d’elle, elle répète, j’entends mieux. J’enjambe le passage piéton et je tombe nez à nez sur le papa de Jim. Il me dit « on m’a demandé de garder mon fils. Je ne sais pas ce qui  se  passe,  c’est  peut-être  une  grève  surprise ».  Je  fonce  vite  vers  l’école  et  le  directeur  me demande si c’est possible de garder mes neveux histoire de soulager ces professeurs qui ne peuvent pas assurer à eux trois l’accueil de cent soixante-dix élèves. Je réponds « c’est compliqué » et pour déculpabiliser j’ajoute « je viendrai les récupérer plus tôt ».

Cette  situation  dure  depuis  deux  ans  et  elle  se  dégrade  depuis  la  rentrée  de  2014 ; aucun remplaçant n’a été affecté à la circonscription de Bondy car ces derniers ont été nommés sur des postes fixes. Céline Alenda est la présidente du conseil local du groupe scolaire de Bondy. Elle déplore cette situation : « si des professeurs sont absents pendant trois ou sept jours il n’y a aucun remplaçant  pour  assurer  les  cours  aux  élèves ».  Elle  ajoute que  pour  répartir  les  élèves  c’est compliqué : « on ne peut pas répartir cent enfants supplémentaires sur trois classes qui contiennent déjà vingt-sept élèves par classe. Donc l’alternative c’est que le directeur demande aux parents de garder les enfants chez eux ».

La situation s’est décantée dans l’après-midi, un professeur remplaçant est arrivé. Céline Alenda souligne que « le problème est qu’il y a quatre-vingt-dix élèves qui ont été renvoyés chez eux et qu’on avait aucun moyen pour contacter les familles pour leur demander de revenir ». Pour  les  Bondynois,  ces  histoires  de  profs  absent  deviennent  une  habitude.

Mimissa Barberis

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