Je me souviens qu’à l’école primaire, il n’y a pas si longtemps encore, nous avions le droit à une superbe sortie aux alentours du mois de juin. On l’attendait impatiemment. C’était un peu la récompense de notre année, on l’appelait d’ailleurs « sortie de fin d’année ». C’était habituellement dans un grand parc, un château, un musée… La sortie durait toute la journée, en général tout le monde était satisfait et rentrait chez soi avec de bons souvenirs. Pour sa dernière année de primaire, mon petit frère et toute sa classe de CM2 ont eu en guise de sortie, le droit d’aller voir Shrek 4 au Magic cinéma de Bobigny (93). Il faut croire que les moyens ne sont plus les mêmes, j’avais pourtant fréquenté la même école et la sortie c’était autre chose.

Les réactions à la fin de la journée ne se sont faites attendre. Il y a les princesses comme Margot, 9 ans, qui aurait préféré aller « dans le château de Cendrillon, à Disney. Et en plus, Shrek, il est moche ! ». Ceux qui se seraient bien vu souffler dans les vuvuzelas en live, comme cet apprenti footballeur : « C’est clair qu’on aurait pu faire une sortie un peu plus intéressante, aller en Afrique du Sud par exemple. » Et puis il y a les pragmatiques et les résignés comme mon frère : « Tu parles d’une sortie, c’était marrant mais j’aurais pu y aller avec les parents ! Si c’était pour aller s’enfermer dans une salle de ciné, j’aurais préféré faire un foot dans la cour avec tous les potes… Là on n’avait même pas le droit d’ouvrir la bouche : tout ce que je déteste. Mais bon, j’avoue que c’était quand même bien. »

« On se rabat sur ce genre de sortie parce qu’on a de moins en moins de cars », m’apprend une institutrice de l’école. « De plus, poursuit-elle, on ne va pas faire marcher des enfants de 10 ans pendant trois heures sous un soleil de plomb. » Mais dans les sorties comme ailleurs, le nerf de la guerre c’est bien l’argent. Comme le souligne ce parent d’élève : « Le système de coopérative existe toujours dans l’école mais les parents sont de moins en moins riches et trop souvent sollicités, ils donnent donc moins d’argent. »

Ah, ce petit carton bleu qu’on nous donnait en début d’année, nos parents devaient le remplir en indiquant la somme d’argent qu’ils souhaitaient offrir à l’école. Il est vrai que toute l’année l’école réclame de l’argent aux parents, que ce soit pour un spectacle de djembé dans le préau : 4,10€, un spectacle de magie : 3,50€, un bal costumé : 5€ par personne… Le budget des parents en prend un coup, surtout s’ils ont plusieurs enfants scolarisés.

Sarah Ichou

Sarah Ichou

Articles liés

  • Rentrée 2022 : dans le 93, des lycées vont craquer

    Une rentrée chaotique. Plusieurs lycées du 93 ont eu la surprise de voir leurs effectifs d’élèves passer de 24 à 30 dans les classes de première STMG. Le Bondy blog s’est rendu sur les piquets de grève qui essaiment dans ces établissements scolaires à Bondy et à Epinay-sur-Seine.

    Par Névil Gagnepain, Hervé Hinopay
    Le 06/09/2022
  • Les études en France sont-elles vraiment gratuites ?

    #BestofBB Alors que la précarité étudiante est de plus en plus visible et s'est accentuée avec la crise sanitaire, le 13 janvier, Emmanuel Macron a remis en question la "gratuité" des études à l'université. Mais est ce qu'étudier à l'université c'est vraiment gratuit ? Anissa Rami décrypte le discours du président de la République et donne la parole à plusieurs étudiant·e·s.

    Par Anissa Rami
    Le 02/09/2022
  • Aux Pavillons-sous-bois, des mois sans anglais ni histoire pour des troisièmes

    #BestofBB Au collège Anatole France, aux Pavillons-sous-Bois, pendant des mois certains élèves de troisième n'ont pas eu de professeur d'histoire-géographie, ni d'anglais. Alors même qu'ils et elles préparent le brevet. Une situation chaotique que beaucoup d'établissements dans le département de Seine-Saint-Denis ne connaissent que trop bien. Reportage.

    Par Hadrien Akanati-Urbanet
    Le 02/08/2022