Après 8 mois, d’auditions politiques en Seine-Saint-Denis, les lycéens ont terminé cette année avec une visite de l’Assemblée nationale et un échange avec plusieurs députés européens, juste avant les élections.

« Nous devons trouver notre place, quelle que soit l’origine de nos parents et le quartier que l’on habite », affirme devant les lycéens Claude Bartolone. Le président de l’Assemblée nationale a ouvert cette conférence qui vient clôturer cette année un peu particulière pour les lycéens de Seine-Saint-Denis. En effet, trois lycées (lycée Alfred Nobel de Clichy-sous-Bois, Jean Renoir de Bondy, Théodore Monod de Noisy-le-Sec) ont participé tout au cours de l’année à une série d’auditions politiques sur le thème « Tous européens ? »

Après une visite de l’Assemblée nationale, les jeunes ont été accueillis sous les dorures de l’Hôtel de Lassay [résidence du président de l’Assemblée nationale]. Claude Bartolone a profité de ce deuxième rendez-vous, le premier ayant eu lieu à Bondy quelques mois plus tôt, pour faire d’eux « des ambassadeurs » des élections européennes. Malgré les six rendez-vous politiques organisés avec des députés européens tels que Karima Delli et Mathieu Hanotin. Une rencontre particulière s’est faite à Bondy avec le candidat au siège de président de la commission européenne, Martin Schulz. Organisé par l’ONG EuropaNova, l’objectif est de « stimuler le débat d’idées sur l’Europe en nourrissant le débat public par des propositions concrètes, informer et sensibiliser les citoyens sur la construction européenne et ses enjeux. »

Représentativité du personnel politique

Après huit mois d’activités dirigées vers la compréhension des institutions européennes au sein de classes en parties candidates au concours d’entrée à la prestigieuse école de Sciences Po, les lycéens ne semblent pas encore convaincus par l’Union européenne. Et le débat du jour qui a réuni les femmes politiques, Chantale Jouanno, Corinne Lepage et Christine Revault d’Allonnes, confirme cette tendance sceptique à la fois sur le fonctionnement de l’Europe – plusieurs questions touchent la participation de Marine Le Pen au parlement européen alors qu’elle est contre l’Europe – et sur la crédibilité des eurodéputés. Ismael, lycée de Clichy s’interroge : « Comment faites-vous pour régler les problèmes des quartiers populaires alors que vous gagnez plusieurs fois le SMIC ? » Et de rajouter ironiquement : « Ca me fait un peu rire. »

Chantale Jouanno souligne que les députés doivent être plutôt jugés sur leurs actions plutôt que sur leur situation économique. Rokhaya Diallo, journaliste politique à LCP et animatrice de ce débat avec Nora Hamadi, recentre le débat sur le problème de distorsion entre la vie des politiques et les Français : « la classe politique française ne ressemble pas à la France. » La balle est alors renvoyée aux lycéens, rappelant la nécessité qu’ils s’impliquent plus dans les partis s’ils souhaitent être plus représentatifs.

D’autres questions sur la communication de la politique européenne et de la présence médiatique des acteurs européens sont posées. Des questions balayées par les choix éditoriaux des rédactions qui ne s’emparent que très peu des questions européennes.

Aventure reconduite

Avant la conclusion de l’après-midi autour d’un buffet, Harlem Désir, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes est intervenu pour rappeler « l’importance de préserver l’Europe de ceux qui veulent revenir en arrière. » Pour Pierre si ces huit mois guidés par EuropaNova ont permis d’éclaircir le fonctionnement des différentes institutions, « je n’ai pas plus de confiance en l’Europe, affirme-t-il.  Je n’ai pas entendu de propositions qui m’ont paru intéressantes. Je ne vois pas la feuille de route des partis, c’est flou. »

« Pour moi, l’une des meilleures choses de cette année a été la visite au Parlement à Strasbourg, commente Greazy. J’espère que d’autres élèves pourront avoir aussi cette expérience. » Pour Anissa Djaadi-Mezhoud, la responsable communication d’EuropaNova, cette journée marque « la fin d’une aventure citoyenne ». Le bilan est positif selon elle et l’aventure devrait être reconduite l’année prochaine en Seine-Saint-Denis et peut-être dans d’autres grandes villes françaises.

Charlotte Cosset

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