Février-mars, une seconde chance pour adresser ses vœux ! C‘est la période où les élèves de terminale sont appelés à saisir sur ordinateur leur choix d’orientation, à l’adresse suivante : www.admission-postbac.fr. Auparavant, cela se passait sur Ravel, qui s’affichait sur les écrans des lycéens à la même époque de l’année.

Etant passé par là il y a un an, je puis assurer que décider de ses futures études à ce moment-là, c’est vraiment trop tôt pour un lycéen en pleine révisions de ses cours. Et puis, Ravel était simple. Il fallait rentrer trois vœux pour une université. Si l’on s’orientant vers un BTS ou un DUT, le choix s’effectuait déjà sur admission-postbac.fr. Aujourd’hui, tous les vœux ont migré sur ce site. L’élève a droit à 36 vœux, toutes filières confondues. Il peut modifier ses choix jusqu’à fin mars. Le hic, c’est qu’il faut obligatoirement opter une licence délivrée par une fac de son département.

Je demande à Niouma : « Quand as-tu rentré tes vœux? – Le lundi 9 février. Chaque terminale avait un créneau pour le faire durant la semaine précédant les vacances d’hiver. Du 9 au 13 février, c’était la semaine de saisie informatisée des vœux. – Et qu’as-tu pensé de cet élargissement à 36 vœux? – C’est énorme ! C’est bien trop tôt pour faire part de ses vœux. J’ai été obligée d’y mettre une licence dans une université de la Seine-Saint-Denis pour que tous mes vœux soient validés. C’est de la folie, je trouve. Déjà que ce n’était pas facile de décider de l’ordre de ses trois vœux principaux, alors, avec 36 possibilités ! – Comment tu t’y es prise ? – Je me suis concentrée sur les 13 premiers. Le reste, je l’ai mis un peu au hasard… »

Faire des choix d’études à même pas 18 ans pour certains, c’est tout sauf facile. Surtout quand, une fois bachelier, on se rend compte qu’on s’est totalement trompé ! C’est ce qui arrive chez beaucoup de jeunes, dont moi. Après trois mois de fac, je me suis rendu compte que cela ne me correspondait pas du tout. Ce phénomène est déjà très vieux. Et aujourd’hui, il se complique un peu plus encore, car l’orientation est de moins en moins accompagnée. Les élèves se contentent de brochures fournis par l’Académie pour se renseigner. Au pire, il y a Internet les guide, le magazine L’Etudiant ou le bon vieux CIDJ, non loin de la Tour Eiffel.

Au bout du compte, trop souvent, ce sont des mois ou des années de gâchées. D’où le plan B, B comme BTS, si possible en alternance. Au moins, on se professionnalise vite et on a la partie théorique à côté. En ce moment, j’ai la tête plongée dans les dossiers à remplir : photos, timbres, bulletins des deux dernières années, CV, lettre de motiv’. C‘est vraiment la galère, mais quand on est déterminé, on met tout son cœur à l’ouvrage pour rendre des dossiers complets et bien écrits. Il n’empêche, il y a un réel manque d’information et de suivi s’agissant de l’orientation, notamment après le Bac. Moralité : la clé de la réussite du jeune homme ou de la jeune fille se trouve parfois dans un échec précoce.

Inès El laboudy

Inès El laboudy

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