Depuis le 28 octobre la colère monte dans l’Éducation nationale, après qu’Emanuel Macron ait annoncé un deuxième confinement et l’ouverture maintenue des écoles, collèges et lycées.

Les enseignants, les élèves et leurs parents s’attendaient à un protocole sanitaire d’envergure capable de les protéger eux et leurs proches. Néanmoins le protocole détaillé le lendemain de l’annonce présidentielle, par Jean-Michel Blanquer, dans lequel la principale mesure est le port du masque dès l’âge de six ans, a déçu les concernés de la rentrée.

C’est dans cette ambiance entre colère et appréhension qu’on a vu fleurir sur les réseaux le hashtag #Blanquerdemission, à la veille d’une rentrée tendue. Lundi matin déjà, plusieurs établissements étaient touchés par la mobilisation un peu partout en France, où des professeurs et employés administratifs ont tenu à montrer leur mécontentement.

On n’a pas envie de mettre notre santé ni celle de nos familles en danger.

Le lycée Paul Eluard, situé à Saint-Denis est depuis ce lundi le théâtre d’une forte mobilisation, où des élèves ont bloqué les portes de l’établissement. Sur place, devant l’établissement une lycéenne confie son angoisse de reprendre les cours. « Le virus se propage, et nous on n’a pas envie de mettre ni notre santé ni celle de nos familles en danger, déjà qu’il y a six classes qui avant les vacances étaient confinées, on n’a pas envie d’être plus en danger en cette rentrée».

 

« Crise sanitaire et maintien de la rentrée scolaire ? » peut-on lire sur cette affiche qui demande la logique de la politique menée par le gouvernement.

On pense qu’il faut un meilleur protocole sanitaire, ce que le gouvernement nous propose ce sont des mesures qu’on applique déjà depuis la rentrée de septembre.

Dans la foule, des professeurs sont présents, venus soutenir les lycéens qui sont plus d’une vingtaine à être en grève depuis trois jours. « On est là pour soutenir nos élèves, ils ont raison, aujourd’hui c’est le meilleur exercice sur la liberté d’expression qu’ils auraient pu faire. Nous aussi on pense qu’il faut un meilleur protocole sanitaire, ceux que le gouvernement nous propose ce sont des mesures qu’on applique déjà depuis la rentrée de septembre, » assure un professeur aux côtés de ses élèves.

 

Des heurts ont éclaté devant le Lycée Colbert à Paris, où un blocus était organisé face aux manque de mesures sanitaires pour assurer la rentrée. Des interventions policières violentes ont eu lieu, des lycéens et des journalistes ont notamment essuyé des jets de gaz lacrymogènes.

Ce mercredi matin, le blocus était reconduit au lycée Paul Eluard de Saint-Denis, et les lycéens présents se sont dits déterminés à ne rien lâcher. « C’est l’économie ou la vie ! Si le gouvernement et les différentes académies se refusent à faire des demi-groupes et de mettre des moyens, embaucher du personnel supplémentaire, ils vont avoir des morts sur la conscience. Tous ça parce qu’ils ne veulent pas perturber le travail ou mettre de l’argent ! On va continuer jusqu’à ce qu’on obtienne ce qu’on demande », argue une lycéenne présente lors du blocus.


Une violente intervention a eu lieu au lycée de Paul Eluard pour lever le blocus. 

Mais en fin de matinée, plusieurs agents de police interviennent devant l’établissement pour lever le blocus. Une intervention violente pour mettre fin à la grève, au cours de laquelle la police aurait procédé à au moins quatre interpellations. Pour le moment aucun appel à une autre journée de mobilisation ne semble avoir été lancé du côté des lycéens.

Mateo Falcone

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