« On nous a supprimé une possibilité de plus de sortir du 93. » Voilà la réaction que suscite une décision prise par l’Académie de Créteil, vécue comme une injustice par une quarantaine d’étudiants de l’Université Paris XIII. Au mois de mai ces étudiants s’étaient inscrits en deuxième année de STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) dans l’intention de tenter d’intégrer l’IFMK (Institut de formation en masso-kinésithérapie) de Saint-Maurice (94), et ce, via une convention qui leur permettait de transiter par une école de kiné gratuite, sans avoir à passer par une « prépa » payante.

Mais à la rentrée 2010-2011, ils ont appris que cette convention n’était plus effective depuis juin alors qu’ils avaient confirmé leurs vœux d’orientation en mai. Dès lors, impossible pour eux, car trop tard, de se réorienter vers d’autres voies. Ladite convention est pourtant toujours d’actualité dans les universités de Créteil et Orsay, et Bobigny devait en bénéficier une dernière fois cette année.

« La raison qui nous a été donnée est une raison de convenance géographique. La convention ne vaut plus que pour les universités proches de l’école de Saint-Maurice. Un argument qui nous parait étonnant compte tenu qu’Orsay est deux fois plus éloignée que Bobigny de Saint-Maurice. Nous vivons cela comme une discrimination à l’encontre du département du 93 », se plaignent ces jeunes dans un courrier envoyé au recteur de l’Académie.

Le groupe d’étudiants « déchus » de leur orientation, se sont rendus à Saint-Maurice pour rencontrer la directrice et avoir plus d’information sur cette convention annulée. « Elle n’a pas tout dit mais elle a sous-entendu qu’une histoire de politique et d’influence est derrière cela, et que les autres raisons ne nous regardent pas », rapporte Julia*, qui se retrouve aujourd’hui sur le carreau à l’instar de ses camarades.

Ces étudiants se sentent lésés. Si leur choix d’orientation s’est porté sur Bobigny, c’est uniquement parce que cette fac proposait l’option kiné. A présent, les voilà dans une impasse en raison d’un problème de sectorisation. « La fac de Bobigny est désavantagée, on veut recréer des ghettos, c’est ça ? Les politiques et le gouvernement prônent une politique d’ouverture en direction des banlieues, et partout des projets de réussite pour nos banlieues voient le jour. Mais d’un autre côté, de bonnes initiatives auparavant mises en place sont soudainement abandonnées. C’est totalement contradictoire », estime Julia.

« Nous aimerions que vous puissiez intervenir afin de rétablir une situation correspondant à l’orientation que nous avions choisie », conclut le courrier envoyé au recteur. Dans l’attente d’une réponse, ces étudiants essayent de faire connaître leur cause.

Inès El laboudy

*Prénom modifié

Inès El laboudy

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