Ils viennent de Pologne, d’Hollande, de Grande-Bretagne, de Turquie et du Liban passer une semaine en banlieue parisienne. Jusqu’au 22 juillet, ces étudiants sont immergés dans différentes cités comme celles du 93 à Montfermeil, La Courneuve et du 78 à Mantes-la-Jolie. Une expérience organisée dans le cadre du congrès annuel de PlaNet, une association d’étudiants français en architecture née il y a 10 ans. Le thème de cette session concerne la ségrégation urbaine. « Nous leur parlons des projets mis en place en matière d’urbanisme dans ces quartiers, au-delà des actions de démolition des barres d’immeubles et reconstruction d’habitats », précise Julien, l’un des organisateurs. Les visites sont ponctuées par des meetings animés par des enseignants et chercheurs tout au long du séjour.

Dimanche, les jeunes sont arrivés avec des yeux tous ronds et encore plein d’interrogations sur les événements de novembre 2005 : pourquoi une telle révolte? Était-ce la première fois ? Comment les banlieusards de France sont-ils marginalisés? Les médias ont-ils retranscris la réalité ? C’est en allant sur le terrain, avec l’aide d’un guide, qu’ils espèrent obtenir les réponses. Après avoir exploré les environs de la gare de Saint-Denis lundi, ils ont investi quelques quartiers de Clichy-Sous-Bois, mardi. Jan, un Hollandais étudiant en urbanisme trouve ce lieu éclairé avec beaucoup de verdure. Mais selon lui, « il y a un contraste entre l’espace dans les rues et le cloisonnement infligé aux habitants des grands immeubles ». Il ajoute : « ces gens doivent avoir un niveau de vie assez bas pour y vivre. Et puis cela ne dois pas être facile de se rendre jusqu’à Paris quand le trajet dure au moins une heure ». Danielle, une Libanaise constate que les immeubles sont anciens et se demande pourquoi ils n’ont pas été rénovés depuis tant d’années. « Ce sont les immeubles typiques d’habitat social qu’on retrouve aux Etats-Unis là ou j’ai passé une partie de ma scolarité », a-t-elle remarqué.

Pour le reste des excursions de la semaine :
– Mercredi, retour à Saint-Denis dans les cités cette fois
– Jeudi, visite du Val Fourré et de Mantes-la-Jolie
– Vendredi, soirée aux Jardins des Tuileries à Paris pour une initiation à la danse africaine.

La majorité de ces aventuriers en herbe disent qu’ils ne seraient pas venus pendant les émeutes et qu’avec plus de recul, il serait plus efficace d’apporter des solutions durables à la question des banlieues, une question sur laquelle ils portent un regard attentif.

Par Nadia Boudaoud

Nadia Boudaoud

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