Chaque année, des lycéens français sont invités à présenter un exposé devant le Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Cette année, les 28 et 29 novembre, c’était le tour d’un lycée de Lorraine de parler des « nouvelles formes de parentalité » – et quel lycée! Le mien!

Avec mes camarades des trois terminales littéraires du lycée Poncelet de Saint-Avold, nous avons préparé cette journée depuis septembre. « Les nouvelles formes de parentalité », un sujet que nous connaissons sur le bout des doigts à présent : les IVG, les familles recomposées ou monoparentales, les questions relatives à l’homosexualité, l’adoption …

Voici un reflet des questions qui nous ont été posées, à travers lesquelles il s’agissait pour le CCNE d’écouter l’avis des jeunes à propos de ces problèmes éthiques. Et voici les réponses que nous y avons données.

P. Lecoz (président Centre d’études en éthique médicale de Marseille) : En tolérant l’homosexualité, peut-on aussi donner accès aux homosexuels aux nouvelles formes de procréation (don de sperme à un couple de lesbiennes par exemple)?

Lycée Poncelet : Oui. Je connais un couple de lesbiennes ayant eu 2 enfants grâce aux nouvelles formes de procréation, et les enfants se portent très bien.

P. Lecoz : Si un couple de lesbiennes reçoit du sperme d’un donneur, l’enfant doit-il connaître son identité ?

Lycée Poncelet : Le don de sperme est anonyme. Cependant le choix appartient au donneur de laisser ou non des traces de son identité.

Public : L’enfant a pourtant droit de savoir d’où il vient, de connaître ses origines sous peine de ressentir un certain manque.

Lycée Poncelet : L’enfant peut effectivement se poser ce genre de questions, même si certains se portent très bien sans connaître l’identité des parents biologiques. Néanmoins, la décision de laisser une trace de son identité appartient uniquement au donneur, et s’il souhaite faire un don anonyme, il n’y a absolument aucun moyen pour l’enfant de connaître son identité. Est-ce tolérable ? Chaque être humain devrait avoir le droit de savoir d’où il vient « biologiquement ». Les parents « adoptifs » ont également une responsabilité importante : dans le cas de couples hétérosexuels, ils peuvent cacher la vérité à leurs enfants, les privant ainsi de leur patrimoine généalogique. Dans un couple homosexuel, l’enfant saura forcément qu’il a quelque part un parent inconnu. Il faut donc que le couple soit réellement conscient des problèmes pouvant survenir suite à une procréation médicalement assistée.

Public : Doit-on donner aux homosexuels les mêmes droits qu’aux hétérosexuels ?

Lycée Poncelet : Bien sûr ! Ils sont tout autant capables d’être de bons parents. Pour nous, « parent » s’applique tout autant aux homosexuels qu’aux hétérosexuels.

Public : Une étude montre que 91% des enfants élevés par un couple homosexuel sont hétérosexuels. Qu’en pensez vous ?

Lycée Poncelet : Ce n’est pas choquant. Pourquoi un enfant élevé par un couple homosexuel serait forcément homosexuel à son tour ?

Voici les avis de trois terminales littéraires sur les questions relatives à l’homosexualité. Cependant est-ce réellement l’avis de tous les jeunes ? Pas si sûr, mais je pense qu’on remarque une certaine « tolérance » de l’homosexualité plus forte que chez nos parents. Il faut se rendre à l’évidence: il y a de plus en plus d’homosexuels en France, et leurs droits sont restreints par rapport à d’autres pays européens. Ne serait-il pas temps de les laisser faire leurs preuves ?

 

Cindy Bolze (Lycée Poncelet)

Cindy Bolze

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