11h49 à Paris 8 Saint-Denis. Je suis devant le service de scolarité central de ma fac avec l’espoir que ce mauvais cauchemar va enfin se terminer. Je frappe à la porte une première fois, personne. Je frappe une seconde fois, toujours personne… Je me tourne vers le bureau d’à côté, où je crois avoir entendu une voix de femme parler, et je frappe à sa porte. Elle m’ouvre, je lui explique ma situation avec le plus grand calme du monde, et elle me répond : “Il ne rentre pas de notes, ce n’est pas sa fonction, c’est au secrétariat de le faire – Quoi ? Il m’a pris mes procès-verbaux, où mes notes ont été inscrites et validées par mon secrétariat, les a photocopiées, il m’avait promis de les rentrer dans la base de donnée d’Apogée – À bon ! Voyez ça avec lui alors…”

Mon passage en L3 risque d’être zappé à cause du logiciel de gestion des dossiers étudiants Apogée. Mes déboires avec ce logiciel ont commencé dès sa mise en fonction durant l’année 2010-2011. Mon secrétariat s’arrachant les cheveux avec l’installation d’Apogée avec laquelle il se battent pour rentrer les notes, a opté pour la bonne vieille méthode du système papier. En alternative à Apogée, il délivrait des procès-verbaux, tamponnés par eux-mêmes, où on retrouvait le compte-rendu des notes qu’un étudiant a eu pour une année d’étude.

Une course poursuite s’est alors déclenchée, les étudiants allant de droite à gauche pour tamponner leur note respective. M’étant inscrit de justesse en L2, je me suis donné l’objectif de me défoncer pour arriver en L3. Mais Apogée en a décidé autrement, les notes ayant été mal rentrées, mon secrétariat décide de me reprendre le système papier. Je me suis dirigé vers le bâtiment des inscriptions, tout joyeux d’avoir atteint mon objectif, c’est là que la secrétaire qui s’occupe des réinscriptions m’a gentiment annoncé : “ Vous êtes ajournés sur la base de données Apogée, vous devez vous réinscrire en L2 …. De plus il vous reste des cours de L1 et L2 à valider, Apogée ne permet pas au étudiant de valider ses cours indifféremment de son année d’études.

Le pire, c’est que c’est une étudiante comme moi qui me dit ça. Maintenant, je combats pour rentrer mes notes dans ce logiciel, sachant que mes notes de mineure n’ont toujours pas été rentrées dans le logiciel. Je ne suis pas le seul étudiant dans cette situation, et pour les inscriptions administratives, Paris 8 doit s’attendre à un raz-de-marée d’étudiants en colère, ne pouvant pas s’inscrire dans leur niveau respectif à cause d’Apogée. Les secrétariats et l’administration ne travaillent pas conjointement pour le bien des étudiants. Ils se font la guerre et les étudiants sont en plein milieu. Il ne faudra pas s’étonner s’il y a des victimes.

Jimmy Saint-Louis

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