Sept heures : le réveil est dur après deux mois de grasses matinées… J’ai pourtant essayé de me lever à 9 heures la semaine précédente mais rien n’y fait, je veux rester avec mon meilleur ami : mon lit. Mais pas moyen. Alors debout, douche, coup de séchoir, habillage. Maman s’y met : « T’as de quoi écrire, ta carte de lycée ? Un ticket de bus ? Ton sac ? Ta tête ? » Ah ma mère… En route pour le lycée Jean Renoir de Bondy.

Jean Renoir est un lycée mais aussi un collège. Je vois des jeunes heureux de se retrouver. Il y a les filles hystériques qui hurlent en retrouvant leurs copines après les vacances ; il y a les mecs qui s’la jouent « no stress » ; et puis il y a Sarah qui se sent bien seule. Ça m’apprendra, tout ça parce que j’ai obtenu une dérogation pour le choix de l’établissement.

Nous sommes une dizaine d’élèves contre la grille à attendre chacun dans ses pensées, impatients que le lycée ouvre ses portes. Vous devez vous demander pourquoi l’idée de faire connaissance ne nous a pas traversé l’esprit ? C’est que dans ces moments là, on est en général un peu stressé. On sait que tout va bien se passer mais il y a tout de même une petite appréhension : est-ce que je vais tomber sur une bonne classe ? J’espère que je vais avoir de bons profs ? Et mon emploi du temps ?

Nous franchissons enfin cette grille. Nous devons tous nous réunir dans le fond de la cour. Le proviseur nous fait un petit discours puis procède à la répartition des classes. Il y a, certes, du soleil mais il fait froid, le temps paraît long et le stress – ah ! Ce maudit stress – est encore là. Je tremble : est-ce la fraîcheur matinale ou l’appréhension ? Sûrement un mélange des deux.

Oh miracle je revois une copine de primaire ! Je précise qu’on n’était pas super-copines à l’époque mais dans les situations comme celle-ci où l’on se retrouve sans ami, on ne fait pas la difficile, on prend ce qu’on trouve… Ça paraît un peu direct ce que je dis, mais c’est pourtant la vérité.

J’attendrai que sept classes se forment avant que je ne sache à laquelle j’appartiens. Ma seule « amie » est bien entendu partie, nous ne sommes pas dans la même classe, ça aurait été trop beau. Même si elle m’a un peu saoulée avec ses histoires abracadabrantes dès le matin… Je suis enfin au chaud, notre prof principale fait l’appel, nous explique les règles fondamentales du lycée et les nouvelles réformes, eh oui nous allons les tester pour vous !

Quelques profs, le personnel du lycée et la vie scolaire viennent se présenter à leur tour. Après avoir reçu nos emplois du temps et tout ce qui s’ensuit, le proviseur et son adjointe rappliquent pour nous souhaiter la bienvenue. Ils nous plombent le moral en nous rappelant que 40 % des élèves redoublent la seconde. Pour clore cette matinée, nous allons récupérer nos livres provisoires, les nouveaux programmes, imprimés en dernière minute, n’étant pas encore disponible – vous en avez sûrement entendu parler.

C’est fini, mes livres en poche, ou plutôt la moitié dans mon sac, l’autre dans les bras (je me demande d’ailleurs comment elle a fait l’autre fille avec ses talons de 20 cm, ils pèsent ces bouquins !), je rentre à la maison. Heureusement que le lycée est facile d’accès, j’ai le choix entre le bus qui passe très régulièrement et le tram qui met cinq minutes pour s’y rendre. Ce n’est qu’une fois dans le bus que le stress s’est envolé. Ma première journée au lycée est terminée, elle n’était pas insurmontable.

Sarah Ichou

Sarah Ichou

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