C’est bien connu les zones d’éducation prioritaire, les fameuses ZEP rassemblent déjà énormément de difficultés malgré les moyens financiers et humains mis en œuvre. Les absences que l’on ne remplace pas, les programmes que l’on boucle difficilement, les études qui viennent à chaque fois déclarer que le niveau des élèves baisse inexorablement.

Imaginez alors que l’on vienne réduire la dotation horaire globale, c’est-à-dire le volume d’heures dévolu au fonctionnement des enseignements dans un établissement. C’est ce qui s’est passé au collège Evariste Galois à Nanterre (92). Ainsi, suite à une décision du directeur académique de l’éducation nationale, le principal du collège a annoncé la semaine dernière qu’à la rentrée prochaine cette dotation se verrait diminuée de 66 heures. Sachant que dans le même temps, il est prévu que le nombre d’élèves entrant en sixième soit plus important qu’à la rentrée dernière.

Dans une telle situation, c’est une décision qui parait complètement illogique aux enseignants parmi lesquels Eva Mouillaud, professeur de lettres au collège depuis 9 ans. C’est pourquoi elle fait partie des enseignants qui ont décidé de faire grève lundi 27 janvier conformément à ce qui avait été voté jeudi dernier lors d’une assemble générale qui a vu ce mouvement voté à l’unanimité par l’ensemble des personnels présents.

Elle explique que cette baisse des heures  est équivalente à la suppression de deux classes. De manière plus concrète, les enseignants seraient « contraints de mettre fin aux projets qui sont organisés pour les élèves de 4e et aux dispositifs d’aide aux élèves les plus en difficulté ».  Concernant les professeurs, cette baisse viendrait encore morceler leur nombre d’heures entre les différents établissements.

Eu égard à ces enjeux, ce mouvement de grève a été un « mouvement naturel de l’ensemble des personnels » et leurs réclamations sont claires. Il souhaite que la dotation horaire global demeure inchangée non seulement pour le collège Evariste Galois de Nanterre mais également pour les 24 autres établissements concernés dans les Hauts de Seine. Tous des établissements classés en ZEP.

Mardi 28 janvier, une délégation du collège a été reçue au ministère. « On se mobilise comme ça pour les élèves » souligne Eva Mouillaud, car ce sont eux qui vont pâtir de cette baisse au premier chef. Baisse qui n’a pas été justifié du côté de la direction académique mais qui est sans nul doute prévue pour des raisons budgétaires. A l’heure pourtant ou le ministère de l’Education Nationale ne cesse de communiquer sur l’augmentation du nombre de postes. Avec cette décision, il vide un peu plus les ZEP de leur substance. Espérons donc que la mobilisation des enseignants paie.

Latifa Oulkhouir

Crédits photo : le blog Banlieue-monde

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