Il y a quelques semaines, en cours de philo, nous avons reçu la visite de deux personnes pour nous raconter leur parcours universitaire sachant qu’ils étaient tous deux passés par Sciences Po.

Wadid, que j’ai trouvé assez entreprenant et sûr de lui, a commencé à nous parler de son parcours qui a démarré là où j’en suis actuellement, c’est à dire en terminale. Il nous a raconté comment, élève en Terminale S plutôt sérieux, il a entendu parler un jour de Sciences Po. Je me suis dit : tout commence donc un jour ! Bref, je l’écoute et me sens tellement concernée par ce qu’il dit que j’en ai oublié de prendre des notes… Mais en résumé, il nous a expliqué qu’il ait arrivé à Sciences Po après avoir fait un an de Prépa. Il a donc obtenu le concours à Bac+1. Mais une fois entré dans la prestigieuse école, il a dû néanmoins travailler et faire ses preuves. Il nous a confié d’ailleurs que c’était beaucoup de travail, mais qu’il l’effectuait avec plaisir. L’ambiance de Sciences Po est telle qu’on bosse sans souffrir, selon lui !

Le deuxième intervenant était déjà plus âgé. Il s’appelait Frédéric, travaillait au ministère de la Santé, à la Direction des hôpitaux. Son parcours, il nous l’a conté de manière simple, presque désinvolte, donnant l’impression que tout est plus facile que ce que l’on veut bien croire…

Il nous a dit : «Lorsque j’étais en terminale, je ne savais pas quoi faire, j’avais quelques idées vagues, comme faire un cursus en éco ou des études littéraires. Un jour dans un forum sur l’orientation, je m’inscris en prépa littéraire option sciences humaines, dans laquelle je suis accepté. Mon but était de passer le concours pour entrer à Sciences Po! Je passe le concours mais je le rate, je ne me décourage pas pour autant et je réussi un an plus tard à accéder à mon rêve. L’IEP m’a ouvert l’esprit et m’a donné de nouvelles perspectives. Mes projets de vie future étaient devenus plus concrets que les bribes d’informations récoltées en terminale. Ensuite, j’ai postulé pour être directeur de la santé mais j’ai raté le concours. Ne m’arrêtant pas à mon premier échec, j’ai persévéré et j’ai tenté le concours une seconde fois, que j’ai fini par obtenir. Enfin après avoir fait l’ENA, j’ai pu accéder au ministère de la santé ».

Il a continué à nous parler de son métier, sachant qu’il s’épanouit dans ce qu’il fait aujourd’hui et nous exhortant à deux choses : l’une c’est de ne pas avoir peur d’échouer, l’autre c’est que même avec peu de moyens on peut réussir. Il était boursier et cela ne l’a pas empêché de faire un parcours universitaire aussi complet. Wadid rajoutera qu’il ne faut pas hésiter à aller « à la pêche aux informations dès maintenant ».

Les deux intervenants font parti de l’association alter-égaux regroupe une cinquantaine de jeunes de 23 à 35 ans issus de milieu populaires et qui vont dans les établissements de ZEP pour encourager les élèves à saisir les opportunités offertes par le système scolaire français et surtout à ne pas s’auto censurer dans leur choix.

Qu’est ce que j’ai ressenti à la fin cette journée ? un immense bonheur car enfin on s’intéresse à nous élèves de ZEP. J’avais l’impression de ne plus être à l’abandon et que pour une fois on voulait bien me prendre en charge. Cette initiative de Science Po montre bien que notre voix, celle de ceux qui veulent s’en sortir à été entendu. En tout cas ceux qui veulent planer parmi les hautes sphères de ce monde. Cela me rappelle d’ailleurs quand au mois de septembre, des anciens élèves du lycée sont venus nous rendre visite. L’un d’entre eux en cinquième année, Nabil, nous a dit comment s’était déroulé son voyage d’un an aux Nations unies. Je me suis dit: un ancien élève de Louise, aux Etats-Unis, au siège de l’ONU, grâce à Science Po et surtout parce qu’il avait saisi cette opportunité! A partir de ce moment-là, je me suis dit qu’il fallait que je triple d’efforts pour faire en sorte de rentrer à Sciences Po.

Caroline Pierre

Caroline Pierre

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