Jonathan Ardines / LCDA

Ce qui a attiré mon attention dans ce débat est l’enseignement en primaire. Beaucoup de choses ont été abordées, notamment les dysfonctionnements du système scolaire dès la primaire. Chez certains élèves, les fondamentaux comme la lecture ou les mathématiques sont mal acquis. Jacques, ancien ingénieur à la retraite, s’occupe d’un élève âgé de 14 ans, en classe de 3e, qui vit seul avec sa mère. « Cet élève n’a pas acquis les bases de la primaire. Je l’aide en maths et il ne maîtrise pas les décimales. Je suis en train de lui apprendre ce qu’il n’a pas assimilé en CM2″.

Pas mal d’élèves rencontrent des difficultés. Mais, cela est dû au manque de temps et au nombre important d’élèves dans les classes. Certains professeurs proposent le redoublement, mais ce n’est pas forcément la solution. Ce n’est pas un manque d’intérêt de leur part mais les professeurs rétorquent souvent qu’ils doivent suivre et terminer le programme de l’année scolaire. Esther Benbassa pointe du doigt l’un des problèmes du système scolaire : « Il faut remettre à plat l’enseignement, il y a un réel problème, c’est un enseignement pour les bons élèves qui sont soutenus à la maison. Ce n’est pas un enseignement pour ceux qui viennent de milieux défavorisés et dont les familles n’ont pas le temps de s’occuper des devoirs. »

Que faire lorsqu’un élève a des difficultés et que le système scolaire se trouve parfois dans l’impasse ? Ce sont des associations ou des chefs d’établissements qui prennent la relève en proposant des initiatives. Comme Gérard Willeme, proviseur au Lycée Paul Eluard à Saint-Denis. Il constate que « les élèves sont malmenés, un peu cassés. Ils ont une mauvaise image d’eux-mêmes. On a mis en place une expérimentation : au lieu d’exclure les élèves en difficulté, on les inclus. »

Un autre intervenant prend la parole pour parler de son expérience sur le terrain. Samy Mamlouck est coordinateur du programme Réussite éducative à la mairie de Trappes. Cette initiative permet de lutter contre l’illettrisme chez les élèves. Elle a lieu quatre fois par semaine après la fin des cours. L’idée : apprendre à lire en s’amusant, et par petit groupe de cinq. « La réussite d’un élève ne dépend pas du niveau d’études des parents mais de leur implication dans les études de leurs enfants.»

Autres problématiques soulevées : le décrochage scolaire au collège et au lycée, le manque d’information sur le marché du travail et sur les différents corps de métiers et les mauvaises orientations scolaires.

Pour certaines personnes, l’égalité dans l’enseignement reste une utopie. En ce qui concerne ce débat, un livret blanc a été rédigé à la fin de cette rencontre pour faire évoluer l’enseignement dans l’Hexagone.

Hana Ferroudj

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