C’est en avril 2001, suite à un licenciement surprenant, qu’Hakim Kadri d’abord animateur dans un centre de vacances de la ville, puis directeur de la  maison de quartier Blanqui de 1990 à 2001, quitte Bondy et l’animation pour se consacrer à la formation d’adultes. La ville ne sachant pas reconnaître ses compétences locales, c’est à la Courneuve et à l’école de la deuxième chance qu’il trouve un projet innovant et intéressant.

Après avoir suivi  une formation d’éducateur spécialisé et repris des études à l’université, tout en dirigeant la maison de quartier Blanqui, Hakim s’inscrit au concours de professeur des écoles et souhaite enseigner en classes spécialisées.

C’est alors, en 2002, qu’il entend parler du projet de l’école de la deuxième chance, dirigée par Olivier JOSPIN (le frère de l’autre) et qui va ouvrir en Seine Saint Denis. Il décide de postuler et est de suite recruté. Cette école de la deuxième chance née à Marseille et qui a plusieurs sites en France s’adresse à de jeunes adultes qui ont raté l’école ou que l’école a ratée. La formation consiste en une remise à niveau dans le but de favoriser leur insertion sociale et professionnelle.Elle s’adresse à des jeunes qui ont entre 18 et moins de 26 ans, qui habitent le département et qui sont déscolarisés depuis au moins deux ans.Le principal critère de recrutement est la motivation personnelle et la volonté de s’en sortir.

Il faut savoir que selon des statistiques nationales, il y a environ 60000 jeunes qui sortent du système scolaire sans aucune formation. L’enseignement est basé sur les éducations nouvelles. L’élève est d’abord soumis à un positionnement pour ensuite travailler en fonction de ses besoins. L’enseignement est individuel, chaque élève a son propre parcours de formation et les modules sont sélectionnés selon le niveau et le projet professionnel. L’élève se doit donc d’être autonome. Le principe est de chercher les compétences propres à chaque stagiaire, afin de favoriser un maximum sa réussite. Six disciplines sont enseignées: le français, l’histoire-géographie, les mathématiques, l’informatique, la philosophie, un module de vie social et professionnel (prévention santé, mise en garde vie pratique: fonctionnement des crédits etc.). Des ateliers complémentaires comme le théâtre, le sports et des loisirs sont proposés tous les vendredis après-midi; de nombreuses sorties culturelles sont organisées.

Chaque jeune a un formateur référent avec lequel il fait le point chaque semaine. Un psychologue aussi fait un travail en groupe. Le principe est d’alterner apprentissage théorique et pratique, il y a donc un stage en entreprise pour 50% du temps. L’école a des conventions avec des grandes entreprises, des associations, des artisans… Même si elle est non diplômante, cette école prépare à un métier et valide une expérience reconnue par le monde de l’entreprise. La durée de formation est propre à chacun, selon son niveau et son projet professionnel. Le premier mois est une période d’essai et si elle s’avère concluante,  le temps de parcours est de dix mois maximum. Pendant cette période, le stagiaire est rémunéré par l’état, l’allocation est mensuelle et s’élève environ à 400 euros sur une base de 35h hebdomadaire. Il faut néanmoins justifier de sa présence pour en bénéficier. A La Courneuve la majorité des stagiaires sont des filles, elles sont souvent assez tôt concernées par un projet de construction d’une vie sociale et professionnelle. 

Le taux de reclassement est assez bon puisque 60% des stagiaires sortent avec un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. Certains même par la suite préparent le brevet des collèges qui permet de valider un niveau et permet l’accès à plusieurs concours de la fonction publique. Belle initiative qui favorise la réussite et donne de nouveaux espoirs aux jeunes sans diplômes. Depuis quatre ans et demi qu’il y participe Hakim est pleinement satisfait de sa reconversion. 

 

Par Soraya Messaoudi

Soraya Messaoudi

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